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31 mars 2007 : De Luanda, en Angola

3 avril : a - A l'école française

Blandine ne parlant pas portugais et, dans sa frustration, ayant un langage des signes pas tout à fait audible, a quelque mal à obtenir ce matin au petit déjeuner des cannettes de coca-cola. Non que les maracujas (fruits de la passion), ananas, manioc cuit, pain perdu et autres délicatesses lui semblent fades, mais c’est là l’ingrédient essentiel pour que notre journée soit un succès.

En effet, Paulo vient nous chercher à 7h30 pour que nous allions à l’école française, présenter notre projet aux classes de CM1 et CM2. Pour animer la séance, nous avons prévu de réaliser une petite expérience illustrant comment on peut extraire du pétrole (cola) grâce à la pression du réservoir (cf les bulles du cola). Nous retrouvons à l’école un ingénieur Total qui nous présente au directeur de l’école primaire et au proviseur du lycée : bien que nous sachions depuis décembre que nous intervenons auprès de leurs élèves, ils n’en ont quant à eux été informés que ce WE, et le message n’est arrivé aux instituteurs que la veille ... Bah, quand l’appétit va tout va, et nous sommes ravies de découvrir que notre flexibilité est somme toute très professionnelle.

Direction le labo de SVT auquel nous empruntons un erlenmeyer (récipient dont le corps a une coupe triangulaire), un becher (récipient cylindrique), un bouchon et deux tubes. Nous empruntons un planisphère à la classe de CM2 et nous dirigeons vers la classe de CM1. Si nos répétitions en janvier auprès des classes des Ecuyers et d’Igon nous donnent un peu d’assurance en entrant en classe, c’est tout de même avec un peu de trac que nous nous présentons devant les élèves : notre histoire va t elle les intéresser ?

Le 5 avril :
heu j'ai pas du tout saisir de l'organisation du blog? le 'tease' est en francais et la suite en anglais? intriguant ca, en tout cas cultivant!!

Le 16 mai, selon Blandine et Elodie :
Excellente remarque !
La proportion anglais(pour nos amis non francophones)/francais est inverse de notre fatigue :-)

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3 avril : b - Giving a lecture to primary school children is an exhausting job !

Actually, it does interest them! Questions arise uninterrupted – and we do our best to guide them in the direction which we had planned to follow (what do you know about energy? What are fossil fuels? How are they produced + indoor experiment? Our world tour + a little information about the countries which we go through). Being a teacher is a tough job: it’s amazing to see how energetic these children are!
 
We spend 90 minutes with them, get a break, and do another 2 times 45 minutes with CM2 children. The coca cola experiment gets a lot of attention: more than half the class has a parent working in the oil industry. The only adverse side effect we can think of concerning their enthusiasm is that they come home and tell their dads : ‘hey Daddy, is it true that oil is like coca-cola?’, which, taken out of context might not be easy to answer.
 
Exhausting! Although our third and last performance is certainly the best organized one, we’re quite glad to get back in Paulo’s car to head back to TTA. The road to Total’s headquarters brings us near the old Portuguese fort [which was renovated to host the President’s daughter wedding, but whose renovation work could not be completed on time] and the presidential palace.

Le 1er mai :
Très intéressant et émouvant !

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3 avril : c - Hosted, fed and instructed by Total Angola : so much to thank for !

At Total, Legio Pax takes control of the situation and makes sure that we know who’s to have lunch with us. It turns out that we’re invited at Bahia, a restaurant with a very pretty view on the Bay, by Mr Badoual [DGA] and the company’s financial + engineering + legal experts. We’re quite ashamed to miss this opportunity to discuss technical questions with these wells of knowledge, but most of those which we had had been answered on the FPSO on Monday. We discover the ‘bacalho’, a very tasty cod dish [Portuguese specialty] – and get back to TTA where Mr Rives tells us a little more about the Block 17 concession and how everybody had been surprised by the amazing reserves that were found there. Angola seems bound to surpass Nigeria’s production capacities.
 
Total lends us an office, where we can phone France to give a little news to our anxious families [Angola does not have a very good reputation out there] and send out a few emails. Mr Badoual bades us fare well, and Mr Fournier [in charge of the exploitation team] comes over to give us some insight on his job: HR, maintenance, offloading, well optimization are all parts of his day to day work. One of the well is producing sand, which is problematic given that it will erode machineries and tubing. Finding out why and how to stop this internal well bleeding is his current preoccupation…
 
We rely on Legios P&R to plan our April 4th day off: tomorrow is the end of civil war anniversary, the day for peace and reconcialiation. We decide on spending some time at the beach, and picking up on our delayed blog narration. Seems a good enough plan …

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3 avril : d - Sleeping over Paris Match

We head back to our operational base, the Continental, and decide to work towards submitting an application to a Paris Match competition for student photo reportages. Deadline was March 31rst, but it seems to have been extended to … tomorrow. Whoever says we have a pessimistic nature gets it completely wrong, and here what proves it : miles away from the place where everything [selected pictures and explaining text]  is supposed to be received in 24 hours, we set to work. We end up choosing to write on rural electrification in Morrocco, selecting 15 pictures, making a pause to check out what all the detonations which disturb us are about and discovering that the April 4th fireworks are being shot right in front of the hotel, getting back to work, and setting off to send our 35 Mo of pictures via a very poor web connection to France, where a very wonderful [very, very] team of dedicated parents is waiting for instructions to burn everything on a CD and send it off to Paris Match. Impossible n'est pas français !

Alas, the web connection is very very poor also – and Blandine decides at 5 am that it will be hard to sleep in the over refrigerated business lounge to send the last 50% of her high resolution pictures.

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2 avril : Dalia : de Girassol à Rosa

Pour ceux que des détails techniques sur Dalia intéressent :voir la page que Total lui consacre



5h30 : réveil

 

5h33 : Blandine passe sous la douche. Eau uniformément fraîche quelque soit la position du thermostat, mais à laquelle on s’habitue vite tant l’air de la chambre est doux (par principe, Blandine refuse de mettre la clim plus de 2 x 15 minutes par jour) ... le réglage de température est somme toute bien superflu : qui souhaiterait une douche chaude par ces chaleurs ? illusion que celle du confort moderne !

 

5h35 : le téléphone sonne. Mortadelle ! (ou CM, pour les intimes) C’est l’hôtel Dalia qu’écoute Blandine toute mouillée: une navette nous y attend. Branle-bas de combat ! 112 ! D’autant que le marin de la veille nous avait bien prévenues que ces navettes de ramassage pré-héliportage n’attendent guère. Note – 112 n’est ici que le numéro de chambre d’Elodie.

 

5h45 : nous sommes dans la navette, essayant de nous faire toutes petites pour ne pas attiser les foudres de la dizaine de professionnels équipés de large sac à dos carrés. Peine perdue, de petit matin, chacun est encore dans son monde. Et d’ailleurs, la navette ne partira qu’à 6h. Bah, au moins ce retard ne sera-t-il pas de notre faute J

 

Par contre, nous voilà bien empêtrées : impossible de joindre Paulo, son téléphone ne répond pas. Légio Paix appelé à la rescousse nous informe qu’il a perdu son portable et que nous n’aurons d’autre moyens de rentrer en contact avec lui. Résultat : coincées dans la navette dont nous pensons qu’elle démarera d’un instant à l’autre, et qui – on le rappelle – ne doit souffrir aucun retard tant le planning des vols en hélico est calé avec précision -, nous en sommes réduites à espérer que Paulo aura d’une façon ou d’une autre reçu un contre odre en portugais pour lui éviter de se lever matin. Nous apprendrons plus tard que le quiproco aura été général, puisqu’il serait venu nous chercher au Continental, mais quelques heures trop tard ... Tant mieux !

 

7h15 : la navette se met en route, direction Impala / Palanka, les résidences collectives où sont logées de nombreuses familles d’expatriés Total. Au nombre de 350, celles-ci forment une véritable tribu, dont les enfants vont à l’école française. La vie ici est difficile pour les familles : les activités péri-scolaires et extra-professionnelles sont inexistantes, la ville est très faiblement dotée en lieux de loisirs et de culture (cinéma, musées ...), il n’est pas recommandé de se promener à pied, les sorties hors de Luanda ne peuvent se faire que dans un périmètre de sécurité (qui s’étend aujourd’hui à environ 200 km) délimité essentiellement par le danger minier. D’où des séjours rarement renouvellés.

C’est là que monte en navette Hugues Foucault, l’ingénieur réservoir qui sera notre guide à bord du FPSO Dalia. (Merci Nico D. pour le briefing norvégien sur casings et autre complétions – Blandine a pu donner l’illusion de savoir à peu près de quoi la discussion retournait).

 

8h : Nous avons passé les formalités de pesée, d’identification, et de petit déjeuner aussi à l’aéroport domestique. Celui ci est à une encablure de mousseks d’une route tout à fait carrossable – mais n’est atteignable qu’après un aventureux passage au ralenti dans un quartier de bidonvilles où s’égayent moults passants aux pieds poussiéreux. Mieux vaut ne pas être pressé pour arriver sur place.

 

La météo est mauvaise sur la plateforme – le départ est retardé. C’est finalement à 8h40 que nous embarquons, après visionnage de la vidéo de sécurité à la bande son digne de Mission Impossible. Autant vous dire qu’on était fort impressionnées pour nos respectivement premier et deuxième vols en hélicoptère. Et que Blandine a réussi à perdre les pédales en mettant sa ceinture à trois points. Interdiction de filmer ou photographier la ville et son port : l’Angola n’est pas encore ouvert au tourisme (seuls sont délivrés des visas business), et souhaite – nous dit-on – s’offrir un petit lifting avant son entrée dans le bal mondial.

 

Le vol, bruyant, est sans encombre. 117 kms qui nous séparent du Floating Production Storage Offloading ship qu’est Dalia, soit à peine une heure de vol. Les embarqués pour Girassol devront prendre le bateau à Dalia : l’hélico ne peut se poser sur leur lieu de destination, l’installation étant en shut down. Nous descendons quant à nous jusqu’au deck où sont installés les bureaux, dont celui de Philippe Derrien, seul maître à bord – toutes les 4 semaines. Après un briefing général sur les caractéristiques de son FPSO, il nous fait visiter la salle de contrôle des opérations, où caméras et senseurs délivrent une information continue sur tout ce qui se passe à bord et en ‘subsea’ (sous la mer).

 

Le champ de Dalia, mis en production il y a trois mois, a été inauguré il y a une semaine. Situé sur le Bloc 17 des concessions angolaises, il produit une huile plus visqueuse que son prédécésseur Girassol, par 1300 m de fond de mer et 800m de profondeur verticale sous terre. Etant donné la distance au fond, le système d’extraction est piloté par des robots sur le sol marin. Des tubes flexibles relient les têtes de puits subsea au gigantesque navire réservoir qu’est le FPSO qui porte le même nom que le champ. Capacité de production : 240 000 barrils/jour. Réserves estimées : 1 milliards de barrils. Le tout = jackpot ! D’autant plus intéressant pour les exploitants que peu croyaient en l’existence de telles réserves, d’où des contrats passés à l’avantage des plus risquants, qui cette fois ci, ont gagné leur pari.

 

De fil en aiguille, l’heure du déjeuner sonne. Direction les cuisines, pour un repas copieux et tout à fait équilibré, après transit dépose-casquette chez l’intendant dont le mur principal, comme celui de la salle à manger, est un hymne masculin à la beauté féminine. C’est que ces dames sont rares dans le métier : nous ne croiserons à bord qu’Elsa, ingénieur réservoir basée a Luanda et qui vient passer quelques jours onsite. De là, nous revêtons de seyants bleus oranges, ajustons nos casques verts, empochons nos gants, enfilons nos bottines de sécurité, glissons les lunettes de protection sur nos jolis minois et enfournons les bouchons ad hoc dans nos conduits auditifs : ainsi équipés de nos PPE, le flash de notre appareil photo muselé par un morceau de scotch et notre guide muni d’un détecteur de gaz pour détecter la présence d’éléments volatiles auxquels nos appareils électriques pourraient mettre feu, entraînant le shut down de l’installation, qu’il faudra plus de 6 heures à remettre en route (à 68 dollars le barril, ce serait ennuyeux).

 

Un contremaître nous mène sur les deux ponts du bateau-citerne-usine de retraitement d’eau et d’huile, nous explique les grandes étapes du process et l’utilité de chaque groupe d’installation. Pendant qu’Elodie suit avec beaucoup d’attention, Blandine joue au reporter industriel : attention au dérushage, vous en aurez plein les mirettes J

 

La navette héliportée repart à 15h30. Le temps de nous changer, de récupérer les T-cards visiteurs que nous avions, ainsi que l’exigent les règles de sécurité dont nous avons pris connaissance à notre arrivée à bord, déposées dans les ‘slots’ du bateau d’évacuation D de la master room. Just in case une évacuation générale est déclenchée, ce système simple permet de s’assurer que tout le monde a correctement embarqué dans les ‘patins’ étanches de sauvetage qui sont en attente sur des rampes de lancement à l’arrière du navire.

 

L’hélico décolle, sous l’oeil de bronze du pompier prêt à mettre en marche sa lance incendie. Du Dalia où l’on parle portugais, français et anglais, nous faisons escale sur le Girassol plus francophone, avant de mettre le cap sur Luanda. Quelques 70 FPSO seraient utilisés dans le monde, au large du Mexique, du Nigéria, de l’Angola essentiellement. A Dalia, on a fait plus profond, plus visqueux, plus grand que jamais. Il est prévu que deux autres navires rejoignent d’ici 2009 Girassol et Dalia sur le bloc 17 aux champs fleuris (aujourd´hui, Rosa est exploitée depuis le FPSO Girassol), si tant est qu’ils puissent être achetés à des prix raisonnables : les seuls constructeurs étant aujourd’hui coréens, demain peut-être chinois, les prix de ces titans flottants ont explosé ; de même que ceux de l’appareillage subsea, entre les mains d’entreprises devenues rares par le jeu des regroupements industriels.

 

Arrivées à Luanda sous l’oeil noir de Paulo que nous n’avons pu prévenir de nos 90 minutes de retard, nous sommes invitées par Hugues Foucault à la résidence d’Impala. Nous y faisons la connaissance de sa famille qui nous réserve un accueil très chaleureux.

 

Retour au Continental, dîner à l’hôtel Dalia, boulot un peu et dodo après une longue journée !

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1er avril : a - Poissons ...

Et pêche du coeur – les daurades coryphènes auront fait les frais des efforts du 1er avril.

Ce matin, départ prévu à 8h avec N’Zinga Verdier, qui s’occupe de développement durable chez Total, notre hôte et GO à Luanda. Elle est à l’accueil du Continental dès 8h, accompagnée d’une de ses collègues, et de Paulo. Notre colonel en chef les a devancés – apprenant qu’Elodie ne se sent pas bien, il propose les services d’un médecin, déclinés en pensant qu’un peu de repos sera un remède suffisant.

Blandine abandonne donc Elodie à son triste sort, monte dans la 4X4 Suzuki verte qui sera illico remplacée par un carrosse véloce et blanc, fait le plein de sandwichs au Dalia – notre cantine ruled by Mr Bean, le seul l’unique le vrai – et prend la route du Nord.

On longe le baie de Luanda, à la promenade circulaire avenante, bordée de batiments coloniaux aux couleurs chaudes et arcades rafraîchissantes, pour dépasser le port et traverser les mousseks, ces favelas angolais.

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1er avril : b - Guerre et exode

Hormis quelques journées agitées en 1992 suite à la tenue d’élections aux résultats controversés, Luanda n’a pas connu les combats qui ont, en trente ans de guerre, détruit les infrastructures du pays, miné ses champs et ses plages et déplacé massivement ses populations rurales. Par contre, c’est dans ce havre côtier qu’ont cherché refuge tous ceux que les affrontements entre l’UNITA et le MPLA (et avant 1976, le FNLA – battu par les troupes cubaines soutenant le MPLA) [les deux partis indépendantiste qui, après la chute de Salazar puis le départ des Portuguais en 1975, se sont affrontés sur fond de guerre froide et jusqu’à ce que meurt au combat Jonas Savimbi, leader UNITA] ont fait fuir leurs villages. Le cessez-le-feu est proclamé le 4 avril 2002. De 700 000, la population luandaise est passée à 5 millions d´habitants, dans un pays peuplé de près de 16 millions d’habitants dont plus de la moitié a moins de 15 ans et/ou vit avec moins d’un dollar par jour. Bien qu'ils habitent un territoire grand comme 4.5 fois la France, seules les excroissances anarchiques des mousseks ont pu accueillir, sans pouvoir lui offrir eau, électricité ou terrains habitables, cet afflux massif de population (sur le même intervalle de temps, la population totale n’a été multipliée que par 3).

Femmes et enfants font la queue aux points d’eau, portant des bidons de plastique jaune de 20 litres ou des bassines multicolores. La chaussée est en cours de construction, probablement par ces ouvriers chinois qui ont monté le chemin de fer dont on espère qu’il permettra le retour à la terre de tous ces déplacés. Mais comment aider ces familles déracinées depuis plus d’une génération à repartir, elles dont les enfants sont nés sur la terre rouge de Luanda, qui ont oublié les gestes agricoles et le rythme des saisons dans ce pays d’abondance où l’on faisait deux récoltes par an et qui doit aujourd’hui importer son lait d’Argentine (ce qui en renchérit le coût au point que sur les lieux d’exploitation pétrolière il est d’usage de le garder sous clé), qui ont développé dans leurs faubourgs de terre et de tôles de menues activités économiques, essentiellement de petit commerce, qui lancent des nuées de jeunes à l’assaut des embouteillages de la capitale pour vendre à tel ou tel conducteur du dératisant, des savates, un téléphone cellulaire d’occasion ; elles qui préfèrent à l’insécurité de campagnes truffées de mines et où rôdent encore des bandes armées le calme et le tissu social de la capitale?

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1er avril : c - Mines

La chaussée est détrempée par les orages de ces derniers jours, dont Mme Verdier assure qu’ils sont de plus en plus violents. Conséquence : un pont a été emporté, les collines friables ont glissé, emportant avec elles plusieurs habitations. La circulation est difficile sur cette route boueuse, aux dépressions importantes – impossible de rouler vite. Impossible surtout de sortir de la route : les mines font encore sauter des véhicules, ainsi de ceux qui s’écartent du chemin pour éviter une flaque d’eau.

A discuter minage, on redécouvre en quoi l’inventivité humaine peut être utilisée à des fins honteuses. Ainsi de ces mines anti-personnels qui n’explosent pas au passage d’un véhicule qu’elles ne pourront endomager, mais se déclenchent sous la pression d’un pas humain. Ainsi de celles qui jaillissent du sol pour exploser à 1m50 de hauteur afin de blesser un maximum de personnes – les tuer n’étant pas aussi efficace à ralentir la progression d’adversaires que les soins aux blessés priveront d’autres bras valides. Ou des chapelets meurtriers enfouis sous le sable des plages pour faire tourner court toute tentative de débarquement. 

Coût d’une mine : 50 cents. Coût de son élimination pour réhabiliter la terre qu’elle stérilise : 2000 euros.

Difficulté supplémentaire : si des plans de mine sont disponibles pour un certain nombre de sites stratégiques, aucune de celles semées par des combattants en déroute pour ralentir leurs poursuivants n’a été répertoriée. La guerre civile angolaise s’est déroulée dans les campagnes: il est un immense travail de réhabilitation du territoire à mener.

En 1999, le Traité d’Ottawa interdisant la construction et l’utilisation de mines anti-personnel est entré en vigueur. Selon Wikipédia, il n’a toujours pas été ratifié par les Etats Unis, la Chine et la Russie.

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1er avril : d - la Chine en Afrique : nouvelle forme de colonisation ou marché passé entre égaux ?

Longeant la côte d’où nous apercevons l’impressionnante flotte marchande en attente déntrée au port, nous dépassons l’unique ( ?) raffinerie du pays, construite par Total et aujourd’hui rétrocédée au gouvernement angolais d’inspiration marxiste léniniste, dirigé depuis 1979 par Eduardo Dos Santos (MPLA). Luanda est derrière nous. Entre deux bandes d’urbanisation, des terres à la végétation luxuriante. La saison sèche en jaunira le couvert. 

Une conduite d’eau en béton. Rare, probablement : le choléra fait des ravages dans les mousseks.  Des acacias, arbres à palabre au haut couvert ombragé ; quelques flamboyants déboussolés, rougeoyant en avril alors qu’ils ne vêtent habituellement leurs couleurs festives qu’en novembre, à l’anniversaire de l’indépendance du pays. On bifurque à droite sur un embranchement de terrre qui rejoint une route bitumée, toute neuve semble-t-il : si Total a pour obtenir ses concessions aidé à la reconstruction de quelques ponts, c’est à coup de routes et de prêts peu regardants que la Chine achète ses matières premières en Afrique. Ainsi d’une raffinerie qui aurait pu être construite dans le Sud du pays, et dont les produits auraient du n’être envoyés qu’en Chine (ce qui a fait capoter les négociations). 

Nos concurrents asiatiques sont considérés ici avec bienveillance : le peuple angolais est un peuple fier, nous dit-on, qui n’a pas à courber l’échine devant les injonctions du FMI ou des autres bailleurs de fonds occidentaux qui conditionnent leur soutien à la mise en place de nouveaux modes de gouvernance. La Chine propose une solution de financement avantageuse : il est normal qu’elle remporte ces marchés. Quid de l’accusation faite à ses nationaux de ne pas contribuer au développement des pays dans lesquels ils sont missionnés, en n’ayant recours ni à la main d’oeuvre ni parfois aux matières premières locales ? Serait-ce vraiment différent sous contrat occidental, nous répond-on ? Y a-t-il eu, dans le passé, transfert de compétences ? Au moins, poursuit-on l’argument, les travailleurs chinois sont ils moins regardants que leurs homologues blancs et, s’accomodant des conditions de vie angolaises, s’intègrent mieux à la population.

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1er avril : e - Agrisud et le défi du retour à la terre

Arnaldo, Angolais d’origine portugaise formé en France et fondateur de la brancheangolaise d'Agrisud (très joli site internet) , nous précède avec Marylène, jeune agronome volontaire du progrès qui vient d’atterrrir à Luanda. Ils nous ouvre les portes d’un des centres de Bengo (ceinture péri-urbaine de Luanda), où 75 familles (25 dans ce centre situé à proximité d’un marché) ont chacune reçu un périmètre de production irrigué de 2000 m2, avec mise à disposition de moyens de production (outils/engrais/semences) et des conseils d’Agrisud. Les cultures sont organisées en bandes d’un mètre de large et une vingtaine de long. On y cultive, par bande et à l’ombre des papayers (pas recommandé habituellement car les papayers peuvent attirer les hématodes [? amis botanistes, pardonnez cette orthographe hasardeuse] dont il est extrêmement difficile de se débarasser – les hématocides sont si toxiques qu’ils sont interdits à la commercialisation), amaranthe, carottes, choux-feuilles, choux-fleurs, oignons, poivrons, poireaux, tomates... On paille, cercle, amende avec le moût de bière de la brasserie voisine. Le feuillage des accacias chinois aux fleurs de feu apporte de fertilisants nitrates (note pour ceux que ça intéresse : les accacias ont la propriété de très bien capter l’azote de l’air). Et chacun réapprend à cultiver son lopin de terre, orienté dans ses choix de cultures par le relevé mensuel (en théorie) des cours des différents produits maraîchers sur les marchés voisins. Ce détail anodin, dont François Badoual nous avait la veille fait part de l’intérêt, permet aux paysans de ne pas se faire flouer par les intermédiaires peu scrupuleux qui leur achètaient auparavant leurs récoltes à des prix rendus ridicules par le mensonge assumé sur la réalité des tarifs pratiqués.

Petit rafraîchissement et nous reprenons la route de Luanda, alors qu’Arnaldo et Marylène poursuivent leur route vers l’intérieur des terres. Merci à vous deux pour le travail que vous faites, et l’exemple que vous nous donnez !

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1er avril : f - Après-midi d'expat

Retrouvailles avec une Elodie requinquée au Continental, pour déjeuner au Dalia – qui va devenir notre cantine pour la semaine – avec nos deux légionnaires favoris, leur collègue marin, et Anne et Louis.

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