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28 juin 2007 : Au pays du soleil levant

7 juillet : The longest day (mostly in English)

Et c’est parti pour une journée de 30 heures !
Le réveil, mal réglé, ne sonnera pas ce matin. Heureusement que le soleil reste lui toujours aussi matinal – et c’est avec 45 minutes de retard sur notre emploi du temps pourtant planifié avec soin la veille que nous sautons du lit, enfilons nos habits de voyage, ficelons nos sacs, et embarquons à bord de la Peugeot d’Ena, who so kindly insisted that she should bring us to Shibuya station.
7:15 am (Tokyo time). Although we’ve missed the Narita Express by a few short minutes, we’re still on time to catch the next one at Shinagawa. Good bye Ena, thank you very much for your hospitality and your unbeatable good-humour!
We get to Narita without having lost a single one of our bags, but that won’t last too long : Elodie leaves a nice and colourful souvenir print at the security point, and won’t be able to secure it back, despite having coaxed the boarding officer in accompanying her to the check point to look for it (and by the way, can someone explain to us how one’s name can be called in a departure hall 40 minutes before boarding is completed?). 11:00 am, off we take.
Nice long flight to Dallas, where we finally get through the passport control despite a company of army soldiers who had decided to land (where from?) right after us getting in everyone’s way. 3h30 after having landed, we gobble a burger and get on board around noon (central time). Boston: here we are !
Thanks to Arnaud’s university friends Romain and FX, housing is secured for the next four nights at Lois and Jimmy’s, right across MIT’s campus (but who's Arnaud? Blandine's brother, of course ! check out his NYC blog [in French]). We meet with FX at Kandall station around 6 pm (Eastern Time), walk to Fulkerson street where we’ll be spending these few days in a very well kept, very well lit, and a little warm by the end of the day apartment, decide we’ll meet again for dinner, take a shower, realise we’re certainly not in a shape to go out tonight, go for some survival shopping on Massachusetts Avenue, grab a quick dinner in a Thai café, and try to catch our neighbours’ wifi, which we fail to do, before heading to bed for a nice long long night.
Note : Boston time = Dallas time + 1h = Tokyo time - 1 day + 10

Le 11 juillet :
Salut Elodie, je viens de lire l'article de Riaz et de découvrir le site : super votre truc! Où peut-on vous écrire? Frédéric Daumas

Le 16 juillet, selon Elodie :
C'est peu dire que je ne m'imaginais pas être recontactée par mon cher 'OPS' du Ventôse!
Nous avons une petite enveloppe sur le site (en bas à droite de la page d'accueil) qui atterrit droit dans nos boîtes persos! A très bientôt par mail, Elodie.

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6 juillet : Matinée sans le sou... help !



Notre dos n’ayant pour une fois pas été soumis à rude épreuve par cette nuit dans le bus (le pendant des prix japonais pour le transport semble être un confort inégalé), nous arrivons presque fraîches –pour autant que l’on puisse arriver fraîches après une nuit de bus- à Kyoto aux environs de 8 heures. Notre rendez-vous chez Kyocera étant fixé à 10h, nous avons devant nous deux belles heures à passer dans le quartier de notre lieu de rdv (indiqué comme étant ‘à 5 min de taxi de la gare’ par notre interlocuteur) pour dénicher ce que nous n’avions pu trouver la veille : un distributeur de billets acceptant notre carte visa ! Sacs aux dos, nous partons au petit bonheur la chance, aiguillées par des passants coopérants, dans une direction qui s’avèrera, bien entendu, opposée à celle de Kyocera. 



L’heure matinale nous met en confiance : elle masque toutefois la réalité bancaire du Japon, qui ressemble étrangement au scénario de la veille. Les étapes de notre quête nous désespèrent : 7eleven, tenté la veille, ne marche pas davantage aujourd’hui. Après un petit gros quart d’heure de marche, nous tentons une autre banque, dont l’ATM ne coopère pas davantage. Un Japonais, nous prenant en pitié, utilise le téléphone rouge de « détresse bancaire » : c’est au tour de la responsable de débarquer, suivie par le gérant de la banque appelé à la rescousse ! Bien entendu, le problème n’est pas réglé pour autant, mais nous sommes gentiment introduites dans la banque (cinq minutes avant l’ouverture des guichets), où nous assistons au briefing matinal sous l’œil interrogatif des employés. Après confirmation en bonne et due forme que notre carte bancaire ne leur convient pas car « éditée en France », nous nous résignons à rester sans le sou pour la matinée pour gagner en début d’après-midi le centre touristique de la ville où  nous espérons bien trouver « distributeur à notre carte »!



La distance que nous avons à parcourir nous commanderait presque de prendre un taxi (ainsi que gentiment conseillé par notre interlocuteur), la réalité est toute autre : sans un sou en poche, pas de taxi, la question est vite tranchée. C’est à pied que nous nous rendrons à Kyocera, munie d’une carte fournie par le gérant paternaliste. Ou comment nous rendre compte que nous avons omis de mettre nos sacs en consigne. Fatiguées par notre nuit de bus, nous partons d’un pas que nous ne qualifierons pas d’alerte pour le siège de Kyocera, qui s’avèrera bien sûr être diamétralement opposé, par rapport à la station de train, à notre localisation du moment. Il nous reste une heure avant notre rendez-vous ; elle sera mise à profit pour une petite excursion sportive pas tout à fait prévue.

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5 juillet : Quand on veut, on peut !



Au programme de notre journée : la visite de la centrale d’Hacchobaru. Gérée par la société Kyushu Electric Power, elle utilise l’énergie géothermique pour produire de l’électricitté. La préparation de cette visite aura été épique ! Ayant eu à rayer sur la liste de pays de notre tour du monde l’Islande et son potentiel géothermique fameux, nous souhaitions nous intéresser à la géothermie lors de notre séjour japonais. Un article de journal vantant les mérites de l’électricité produite à partir d’énergie géothermique dans l’île de Kyushu nous avait confortées dans cette idée.

Aidées par le service pour la Science et la Technologie de l’Ambassade (de France) qui insista lourdement auprès de l’entreprise, nous avions fini par obtenir une réponse positive à notre demande de visite. Elle était cependant conditionnée au fait que nous devions être accompagnées d’un interprète qu’il nous restait à trouver, et dont nous devions communiquer les coordonnées au plus vite (sic). Kyushu Electric Power nous envoya pour finir une lettre détaillée mentionnant les difficultés d’accès au site et nous proposant d’annuler notre visite (double sic).

Le premier point, celui de l’interprète, fut celui qui connut le plus de rebondissements. Hidemichi, ami d’Elodie, nous donna tout d’abord le contact d’une étudiante à l’université de Kyushu. Malheureusement, à l’enthousiasme de nous accompagner pour traduire les conversations, succéda très vite de toutes autres préoccupations : l’emballement retomba aussi vite qu’il était monté. Elle se rendit compte qu’elle ne pouvait louper certains cours et n’eut pas le temps de trouver remplaçant. Comme les passe-passe emailesques nous firent comprendre le dénouement après 5 jours d’échanges, l’urgence commença à se faire sentir. Désespérées de trouver une solution à la hauteur de notre portefeuille, nous étions résignées à accepter les tarifs d’un interprète professionnel. C’était sans compter sur les contacts (bénis !) de l’Ambassade et d’Etienne en particulier ! Trois jours avant notre arrivée, un certain Frédéric nous sauve du déluge en nous recommandant Hakim, qui s'avère être postdoc en géothermie à l’université de Kyushu : que demander de plus ?

Armées 1. du nom de notre interprète 2. des détails logistiques fournis en profusion par Frédéric (aux petits soins pour deux âmes en détresse), c’est parées pour une excursion à la centrale d’Hacchobaru que nous décollons matinalement de Beppu 

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5 juillet : En attendant Hakim...



Si la centrale d’Hacchobaru n’est pas à située à une distance faramineuse de Beppu, elle est loin d’être un site touristique aussi bien desservi que la ville des Onsens. Après un solide petit déjeuner « traditionnel » (poisson grillé et autres subtilités culinaires japonaises ...), c’est à 7h30 pour un rendez-vous à 11h avec notre interprète que nous filons à la gare. Nous attrapons à Oita un train express qui nous fait arriver, une fois n’est pas coutume, une heure et demie en avance à la station Bungomori, lieu convenu pour notre rendez-vous avec Hakim. La perte d'un sac de couchage en route nous aura au passage fait renouer avec nos traditions clochardesques!



Cette étape est l’occasion de découvrir une petite « maison du café » tenue par un couple charmant, très prolixe malgré notre peu d’entendement à leur langue. Heureusement que Blandine a encore en mémoire quelques bribes de ses cours de japonais... suffisamment pour relancer de temps à autre la conversation, et attraper au vol quelques mots qui aiguillent notre discussion. Nous comprenons assez rapidement que l’homme jovial a des problèmes de mémoire : lui même en est tout à fait conscient, et arrive à en rire. Il nous en fait part en se frappant ostensiblement la tête et mimant l’envol de ses souvenirs en l’accompagnant d’un « pschiiiiiiit » révélateur. Par trois fois en un quart d’heure, il nous demande d’où nous venons, avec une naïveté et une gentillesse si déconcertantes qu’elles nous désarment toutes deux. Il est si charmeur que nous ne parvenons pas vraiment à nous en attrister, et rions avec sa femme et lui de bon cœur. Alors que nous nous éternisons dans ce petit salon de thé (en sortant nos ordinateurs comme il se doit pour avancer mails et blog...), le couple redouble de prévenance, nous offrant prunes marinées au saké, petits gâteaux accompagnant notre thé / café, et nous montrant les cadeaux de leur 50 ans de mariage, jusqu’à l’édition de timbres qui a fait d’eux des célébrités locales !



Il nous faut cependant nous échapper pour accueillir Hakim, facilement reconnaissable au milieu d’une foule japonaise, à la sortie du train. L’heure tournant, Hakim se propose gentiment de nous avancer quelques billets (qui commencent à se faire rares pour nous... l’urgence d’un 'ATM' se fait sentir !)  pour que nous arrivions à temps sur le site. Ce simple détail logistique se révèlera être un montage un peu plus compliqué que prévu, mais c’est devancer l’histoire que d’en parler si tôt. Pour l’heure, à nous, Hacchobaru !

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5 juillet : La centrale d'Hacchobaru, temple de la géothermie...



Comme nous le rappelle Hakim pendant notre trajet en taxi, le Japon connaît une activité volcanique importante du fait de sa proximité avec la zone de subduction de la plaque océanique sous la plaque eurasienne. Si l’on s’intéresse à la carte volcanique du Japon, les spots volcaniques ont une direction étonnamment parallèle à la frontière de subduction entre ces deux plaques tectoniques. Les volcans de Kyushu  (dont les monts Kuju et tristement célèbre Unzen) datent pour l’ensemble de l’ère quaternaire.



Alors qu’Hakim nous entretient des subtilités distinguant géochimie, géophysique et géomécanique, nous découvrons avec ravissement les paysages montagnards où nous nous enfonçons.



La centrale électrique d’Hacchobaru, située à proximité du volcan Kuju, est la plus grosse centrale géothermique du Japon [110 MW]. Pour les non-scientifiques, petite explication rapide (pour plus d'information, consulter parmi les fiches sur l’énergie celle intitulée « L’électricité ») : une centrale produit de l’électricité grâce à une turbine entraînée par de la vapeur d’eau sous pression. Dans une centrale géothermique, cette vapeur provient directement de sources ‘thermales’ chaudes (récupérées par des puits à de grandes profondeurs). Techniquement parlant, avant de transformer la vapeur en électricité, on se croirait presque sur un champ pétrolier, si ce n’est que les risques environnementaux et les enjeux financiers sont bien évidemment très différents.



Campée à 1 100 m au-dessus du niveau de la mer, et puisant son eau à près de 1 500 m de profondeur sous terre, la centrale d’Hacchobaru a été construite en 1974 dans un site d’une beauté exceptionnelle. Ses extensions récentes dans les années 90 l’ont dotée, en sus d’une unité supplémentaire de 55 MW, d’un système d’appoint de 2 MW qui l’ont propulsée au rang de centrale ‘moderne’ (cycle au pentane, voir descriptif du projet à notre retour). C’est avec M. Hirotaka Matsuoka, directeur de la centrale d’Hacchobaru, que nous découvrons le site.



Le Japon compte aujourd’hui 16 centrales électriques géothermiques ; ce nombre reste stable malgré un important potentiel inexploité pour trois raisons principales. Economiquement, l’investissement est lourd, et l’électricité produite reste plus chère que celle produite à partir de gaz / hydrocarbures / hydraulique / nucléaire. D’un point de vue environnemental, ces centrales sont bien souvent au cœur de parcs naturels et pour faire bref, gâchent le paysage (tuyauterie industrielle rejettant d’énormes nuages de vapeur). Enfin, le Japon a une longue tradition d’utilisation des eaux thermales et exploite ces sources à des fins touristiques. On estime ainsi que seul 20% du potentiel électrique géothermique est exploité à l’heure actuelle au Japon.

Le 6 décembre :
l'exemple de cette centrale est EDIFIANT pour comprendre le projet de centrale geothermique de la plaine des sables au sein du parc national de la Réunion.


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5 juillet : Avant le bus de nuit : vous avez dit 'ATM' ?



Nous repartons en taxi de notre lieu de villégiature [la centrale d’Hacchobaru, évidemment pas desservie par un quelconque moyen de transport public] pour abattre la première carte du trio « transport » gagnant de nos prochaines heures : taxi jusqu’à la station de train de Bungomori, train de Bungomori à Fukuoka, bus de nuit de Fukuoka à Kyoto - soit un programme très itinérant en perspective ! Pas vraiment de quoi nous reposer pour notre karaoké du lendemain : c’est ce qu’on appellerait presque « aller plus vite que la musique ! »

 

Il est prêt de 17h lorsque nous arrivons à la station Bungomori, où nous découvrons avec ébahissement – et gargouillements...- que nous avions ‘omis’ de déjeuner ! C’est également le cas de notre cher interprète Hakim, qui par politesse ne nous en avait pas informé. Nos estomacs criant -en chœur- famine, nous partons pour une razzia sushis dans le supermarché du coin (c’est aussi l’occasion de tester les mochis, boulettes gluantes assorties de poudre de cacahuètes... dont Hakim ne semble pas raffoler !) que nous dégustons façon pique-nique au milieu de la petite salle de gare... ou comment nous faire remarquer par un groupe hilare de politiciens japonais, qui engage avec nous la conversation.

Tandis qu’Elodie s’effondre sur son siège, bercée par le ronronnement régulier du train, Blandine et Hakim discutent d’Algérie, de Japon et de géothermie.



Nous voici enfin à Fukuoka, où commence la quête de la soirée : celle d’un distributeur de billets, alias ‘Automatic Teller Machine’ ou ‘ATM’. Nous pensions que retirer de l’argent avec une carte visa internationale dans un pays aussi développé que le Japon était une simple formalité. Nous le clamons haut et fort en ce jour du 5 juillet 2007 : il n’en est rien ! Hakim nous avait gentiment avancé de l’argent pour la course en taxi... notre remboursement fut moultement plus compliqué que prévu ! Il existe d’une part un nombre réduit de distributeurs de billets acceptant les cartes visas. La plupart, pour l’anecdote, acceptent les cartes visas éditées au Japon : la petite astérisque au-dessus du logo recherché avec avidité nous aura fait plus d’une fois déchanté après avoir crié victoire. A cela s’ajoute une autre propriété japonaise intéressante : les rares distributeurs acceptant les cartes visas internationales ont des horaires d’ouverture et de fermeture. Ainsi, soit ils se situent à l’intérieur d’un magasin dont les horaires sont définis, soit, de façon plus étonnante, ils ne sont plus accessibles aux cartes « internationales» passées 19h ! Après un, puis deux, et enfin trois essais aux quatre coins du quartier de la gare de Fukuoka, nous demandons, bien embêtées, une dernière faveur à Hakim: qu’il retire de l’argent pour nous (une fois de plus... après le taxi, il nous faut acheter les billets de bus !), que nous lui remboursons en euros. Grand bien nous prit de nous être munies de quelques billets de notre bô pays, ce qui nous permet de régler notre solde - avec le compte rond, s’il-vous-plaît ! Fin de l’aventure donc, après une quête sportive : comment aurions-nous fait sans notre compagnon bienveillant ? Une énigme que nous ne pouvons résoudre à l’heure d’aujourd’hui. Encore une personne croisée sur notre route à laquelle nous nous sentons redevable : Hakim, quand tu veux, nous t’accueillons en France !

Après un café au Starbuck de la gare, nous nous installons dans le bus de nuit tout confort : direction, Kyoto !

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4 juillet : Matinée aux poissons

Une nuit probablement trop courte plus tard, nous saluons Ando-san, elle aussi bien matinale, négocions de pouvoir garder les clés jusque vendredi, et allongeons le pas pour nous rendre à Tsukeji. Dur le réveil ce matin, quand il a fallu arbitrer entre doubler notre temps de sommeil et assister à la criée au thon du plus grand marché de poissons du monde … Mais les sacs étaient faits, le réveil avait sonné, il ne restait qu’à se lever.
 
Nous nous assoupissons dans le train pas encore bondé, et suivons les Européens qui, un Lonely Planet à la main tracent à sens et contresens le chemin de la halle mythique. A mesure que nous en approchons, les échoppes de nourriture se font plus nombreuses, et le flux des triporteurs du marché s’accroît. C’est une foule d’engins à trois roues basses à l’avant duquel trône un réservoir cylindrique surmonté d’un volant manié avec dextérité par ces ouvriers du poisson qui tantôt sont munis d’un parapluie pour se protéger du crachin qui transforme presque l’endroit en un port breton, tantôt arborent un bandeau digne d’un western japonais, et toujours sont chaussés de bottes, qui nous accueille et virevolte autour de nous.
 
 
 
On se hâte – les derniers lots sont adjugés. Les thons sont évalués gelés, givrés, amputés de leurs nageoires. Les assesseurs se penchent sur le moignon de queue, en raclent le givre et entaillent la peau, évaluent la couleur de la chair, la taille de la bête, son embonpoint, et notent rapidement leurs observations avant de passer au cocon blanc suivant. L’enchère a lieu, les paquets de blanc maquillés sont déplacés manuellement à coups de crochets. Une fois vendus, des brins de plastique colorés sont noués dans leur gueule abîmée, et regroupés par couleur – ils sont acheminés à bras, à cœur de pelleteuse ou à plat de triporteurs vers les camions réfrigérants et les stands acquéreurs.
 
Car le marché de Tsukeji, c’est aussi un dédale de vendeurs des mystères de la mer. Séchés, étripés, entiers, découpés, fumés, vivants, amputés, ce sont coquillages divers, algues étranges, poissons de toutes profondeurs, œufs aux couleurs variées, cœurs de l’un, foies des autres qui sont offerts à notre curiosité.
 
Celle de notre estomac se réveillant au milieu de ces odeurs salées, nous finissons notre escapade marine dans un de ces petits bars à sushi qui longent le marché. La méthode est simple : nous commandons tout ce que nous ne connaissons pas. Elle s’avèrera aussi sacrément risquée, puisque nous en arrivons à manger du kajira, expérience tout à fait désagréable. Pour le reste, nous vous recommandons la texture de l’abalone, le goût du haji et du saba (maquereau), l’onctuosité des uni (oursins), et le sain équilibre des foies de calamar (a-t’on bien compris ?).

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4 juillet : ... et après-midi dans l'eau

Plusieurs heures plus tard, nous atterrissons à l’aéroport d’Oïta, sur l’île méridionale de Kyushu. Quelques indications et 45 minutes de bus plus tard, nous voilà à Beppu, la capitale des eaux thermales. La ville fume, tant y sont nombreux les affleurements où les eaux réchauffées par la chaleur du magma qui est ici moins lointain qu’ailleurs (via les conduites volcaniques notamment) voient le jour en mares et ruissellements vaporeux.


Nous avons choisi de passer la nuit dans le ryokan Nagomi Honkan, à deux pas du littoral et à peine plus de la station de train. Il s’agit d’un hôtel traditionnel (celui-ci a vu le jour en 1938), où l’on dort sur des futons à déplier sur le tatami d’une pièce équipée d’une table basse et de deux chaises sans pied. Le copieux dîner nous sera servi à une toute aussi traditionnelle table ; nous le dégusterons vêtues de nos yukatas (kimonos d’été), faisant l’impasse sur la position agenouillée pour cause de crampes mal élevées. Notre hôtesse ne nous en tiendra pas rigueur, et s’amusera même de nous voir goûter aux très nombreuses petites assiettes qu’elle aura installée sur notre table. Une louchée de tofu (pâte de soja tendre), une cuillère d’algues vinaigrées couronnées d’une cerise, deux rectangles de gelée de poisson, quelques tranches de sashimi, trois sushis, du thé vert bien sûr (note : bien moins amer que le chinois, le thé vert japonais se présente sous forme de poudre – et non de feuilles), un peu de tempura (fritures), des légumes teri-yaki sur leur réchaud, l’incontournable soupe miso, du riz, pastèque et gelée de kabosi (agrume typique de la région, qui tient tant du citron vert que de l’orange) – et nous aurons l’estomac bien rempli.

En attendant ce copieux dîner, nous nous reposons des dernières courtes nuits en goûtant les joies d’o-furo : le bain. Le ryokan en a installé trois, tous alimentés par les eaux chaudes de la montagne. Trempette, frottage, trempette, savonnage, trempette, frictionnage – nous voilà propres comme des sous neufs, après plus d’une heure de jeux d’eau.  A trois heures passées, il est temps d’aller nous restaurer. Nous nous décidons pour une okonomiyake, occasion de trancher un débat en cours depuis une semaine, alimenté par nos expériences différentes de ce à quoi ressemble ce fameux plat : est ce plutôt une omelette, ou plutôt une quiche ? C’est l’omelette qui gagne, quoiqu’il soit hautement probable que sa consistance proche du pancake américain requiert, outre l’incorporation de tout ce qui lui donnera goût (gingembre au vinaigre, herbes diverses) l’ajout d’une quelconque farine.


Quelques averses nous rappellent que c’est tsuyu, la saison des pluies. Nous déambulons donc dans les ruelles commerciales qui ont l’avantage d’être couvertes et où de rares commerçants s’affairent à la confection de panneaux de fleurs en papier, avant de rejoindre le centre d’information touristique qui nous informe que malheureusement, le circuit des ‘enfers de Beppu’, les fameuses sources chaudes aux caractères étonnants (mare rouge, mare de boue, eaux bleutées …), sera fermé à l’heure où nous pourrions y arriver. Passage par la gare pour arranger la logistique de notre trajet jusqu’à Bango-mori d’où nous rejoindrons la centrale géothermique de Kyushu Electric le lendemain, avant de prendre la décision de nous transporter tout de même dans le quartier de Kannawara, qui est celui des ‘hells’. Qui sait, nous apercevrons peut être quelques fumerolles en chemin ?


 


Le bus monte à l’assaut de la montagne, et nous dépose au pied de la première des sources touristiques, fermée comme il se doit. Citadelle défendue par de verts massifs de résineux – et un chien particulièrement bruyant -, elle ne révèlera rien de ses secrets. Qu’à cela ne tienne, nous continuons notre route, croisons un établissement thermal qui fait vapeur de toute source, longeons un cimetière austère, et atteignons l’entrée d’Umi-jigoku, elle aussi fermée. Etrangement, l’entrée des véhicules est, elle, ouverte. Nous nous y engageons, ayant à filmer les enfers qui illustreront merveilleusement bien notre petit topo sur la géothermie, ne souhaitant pas regretter les avoir ratés du fait d’une planification hasardeuse, et bien décidées à respecter toutes les consignes de sécurité que nous aurait promulguées un gardien bienveillant.

Le jardin aquatique nous est offert, silencieux et vert plante, étagé à flanc de montagne, gracieux et vert d’eau. Vroum – Elodie plonge dans les buissons, une voiture nous dépasse sans nous voir. Probablement le gardien ; espérons que nous ne nous retrouverons pas enfermées dans cette atmosphère légèrement soufrée ! Nous arpentons les quelques allées qui nous sont ouvertes, longeons les bosquets taillés avec soin, et débouchons sur une mare fumante d’eau rouge fer. Petit film, nombreuses photos dont celle du tanouki géant qui, nous l’espérons, ne nous jouera pas de vilaine farce (le tanouki est un blaireau légendaire, qui aurait la capacité de se métamorphoser en homme pour jouer des tours aux voyageurs), et zou nous reprenons le chemin du retour. La porte est fermée – mais pas à clef. Nous retrouvons la route, demandons notre chemin à une charmante demoiselle qui nous accompagne jusque l’arrêt de bus – lequel semble n’avoir jamais été sur la route qu’elle-même devait prendre – et arrivons tout juste à l’heure pour le dîner au ryokan.


Après lui avoir fait honneur, nous nous décidons pour un bain de sable chaud, au Takegawara (dont le toit de bambou lui a donné ce nom). Traversée du quartier en yukata, ce qui semble faire sourire les gargotiers que nous croisons. Nous sommes les deux dernières clientes de la journée, revêtons les épaisses yukatas qu’on nous prête, et nous allongeons dans le sable creusé par deux opératrices dont nous admirons la résistance à la chaleur.


Elles nous recouvrent d’un sable foncé, humide, et chaud, qui pèse sacrément lourd sur chevilles, poitrines et bras. Nos cœurs semblent migrer des orteils aux doigts, en passant par le coup mais oubliant le lieu de sa résidence habituelle. Si Blandine se liquéfie à grosses gouttes dès son armure de sable installée (ce qui lui attire la sympathie immédiate de l’une des deux maçonnes qui nous ont enterrées, manifestée par un épongeage de front régulier et très apprécié), Elodie attendra la dernière de nos 10 minutes d’exposition pour mettre en route sa machine à suer. Chrono terminé, nous sommes libérées, apprécions la douche d’après la plage, plongeons dans une autre mare chaude, et reprenons le chemin du ryokan, où un ultime bain nous épuise : la nuit sera délicieuse !

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2 juillet : Des vertus des messages courts

Pour vous raconter avant d'aller vite se coucher, qu'une fois de plus nous avons aujourd'hui beaucoup appris.

Après avoir un peu traîné entre douche, petit déjeuner (arigato gozaimasu Ando-san !), recherche impromptue de ce fichu micro puis du point de rencontre avec Daphné, nous arrivons avec juste assez de retard pour nous sentir bien penaude à la gare de Tokyo, où Daphné nous fait monter dans le train à direction de Tsukuba.

Le temps de finir nos fameux romans, nous voilà à l'Advanced Institute for Science and Technology, où nous prenons connaissance des ambitions japonaises en termes d'énergie solaire. Jusqu'il y a peu, l'archipel produisait plus de la moitié des cellules photo-voltaïques vendues à travers le monde ! Petit tour sour la pluie pour découvrir des cellules photovoltaïques micro-perforées qui font d'admirables stores vénitiens, et différents types de cellule (silicum crystallin, poly-crystallin ou amorphe ...) qui participent à l'imposante production solaire de la megasolar cité scientifique qu'est le campus de l'AIST  (Note : pluie = une production à seulement 0,4% de ce qu'elle serait par grand soleil) avant de filer manger à la cantine locale.

Toujours aussi exquise la cuisine japonaise !

Nous rentrons en train - équipé parait-il, du Wifi - pour retrouver Sudo-san qui a prévu de nous montrer comment Tokyo Gas a décidé de prendre le tournant du gaz de demain. Voiture (à moteur à combustion interne ou bien à pile à combustible) et station à hydrogène alimentés en carburant par une station de vaporéformage de méthane, maison modèle équipée de piles à combustibles qui la fournissent tant en électricité qu'en eau chaude sanitaire, gasinière parlante et auto-sécurisée ... de jolies choses !

Certes, l'utilisation du méthane comme matière première ne résout pas la question des émissions de CO2 ; ceci étant, la cogénération de chaleur et d'électricité domestiques augmente significativement le rendement de son utilisation (et donc diminue la quantité d'énergie primaire - en l'occurence du gaz naturel - requise pour assurer un même service), et pour ce qui est des transports, les meilleurs rendements des piles à combustibles et moteurs électriques permettent d'améliorer l'efficacité de la conversion d'énergie chimique (celle du gaz naturel) en énergie motrice.

Nous ignorions que Sudo-san, dont nous avons été ravies de découvrir qu'il parlait français aussi couramment que vous et moi, était un fin oenologue. Il n'a pu nous laisser partir sans nous étonner de cet autre de ses talents : à quatre et demi, nous dégustâmes un délicieux saké, un Pessac-Léognan 1994, et une vendange tardive japonaise (Takeda) 'tout à fait buvable' pour reprendre la caractérisation qui lui fut unanimement donnée.

Malgré les moultes delicacies solides dont cette dégustation fut accompagnée, c'est l'esprit quasi aussi brumeux que les batiments nocturnes voisins que nous avons retrouvé le chemin de Yutenji, où les doux futons de la famille Ando nous promettent une nuit joyeusement reposante ...

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30 juin : Touristes à Tokyo : culture urbaine

C'est après une longue nuit de repos entrecoupée vers sa fin de pauses lectures ('Madame Bâ' d'Eric Orsenna pour Elodie, et 'Loin de Chandigarh' de Tarun J Tejpal pour Blandine) que nous filons découvrir Tokyo.

Nous sommes de véritables métro-tokyoïtes désormais, et ne craignons plus de nous engouffrer dans les méandres de ces gares aux maintes entrées, moults opérateurs de lignes, et incroyables centres commerciaux: de vrais lieux de vie, de rencontres, de convivialité urbaine. Et d'aimables personnages qui nous soulagent de tous nos commencements d'angoisse en devinant nos questions ès itinéraire. C'est à Harajuku que nous émergeons aujourd'hui, direction le parc Yoyogi.

Le plus grand portail (Tori) japonais en marque l'une des entrées. Deux colonnes de 12 mètres de haut, ornées des chrysanthèmes impériaux, reliées par une poutre aux extrémités relevées et taillées chacune dans le tronc d'un cyprès vieux de 1500 ans. De quoi traverser les siècles ! Et nous amener au jardin d'iris, l'un des préférés semble-t'il de l'empereur Meiji qui y fit construire pour sa femme Shoken une maison de thé. Nous assistons à l'épanouissement des dernières fleurs, dans une mer verte et d'eau parsemée de quelques clairs pétales s'afanissant. Cette promenade nous aura ouvert l'appétit, et c'est la tête pleine des costumes saugrenus qui s'exhibent dans ce quartier branché que nous dénichons à la gare d'Ebisu une petite gargotte où déguster des plats d'udon, ces nouilles épaisses trempées dans un bouillon assaisonné de sésame, d'oignons verts, d'un oeuf cru si on le souhaite, et de quelques autres assortiments intéressants.

Pour démontrer notre appréciation de cet hybride entre plat solide et liquide, nous nous entraînons à les avaler aromatisées de sonores aspirations. Tout un exercice ! C'est donc les lèvres barbouillées de sauce que nous retrouvons Evan et Miyuki, qui ont eu la gentillesse de nous conseiller sur ce qu'il nous fallait ne pas rater dans leur capitale d'adoption.

En leur compagnie, nous jetons un coup d'oeil au chateau reconstitué entre deux gratte-ciels dans lequel la Table de Joel Robuchon convie ses hôtes à une dégustation de haute cuisine française, et visitons l'exposition photographique dédiée aux 'heros and heroines' du Japon de l'après-guerre : portraits de musiciens, d'écrivains, d'acteurs et de quelques hommes politiques nous y sourient de noir et de blanc. Une intéressante façon de retrouver les goûts et intérêts des temps passés, voire de découvrir les noms et visages des immortels japonais.

Rafraîchissement à deux pas de la gare - nous abandonnons notre couple d'amoureux pour remonter Omotesando-dori, la rue présentée dans tous les guides comme les Champs Elysées de Tokyo. On y croise une fouille grouillante de couleurs et de tenues excentriques, longeant les vitrines d'enseignes sinon prestigieuses, du moins très connues : Burberry, Gap, Benetton, Armani, La Maison du Chocolat, Ralph Lauren, et bien sûr Dior et Louis Vuiton, dont nous nous autorisons à franchir les pas de porte. L'immeuble de verre qui abrite les oeuvres du couturier - dont surtout les accessoires, pour cause d'aimantation du porte-monnaie - semble un défi que l'esthétisme lance à la nature sismique du sol japonais.

Un tour à l'Oriental Bazaar et ses souvenirs charmants (carte postale, décoration murale et culbuto rageur aux yeux vides qui se rempliront d'un à l'énoncé d'un voeu et de deux à sa réalisation) nous met presque en retard - et c'est nous hâtant sous une fine bruine que nous retrouvons notre aimable métro pour rejoindre Yutenji.

Mina, sa fille Koto-chan,leur mère et grand-mère Ando-san et son autre pensionnaire (Runping, qui de Taiwan vient faire un MBA à Tokyo pour mieux reprendre la firme de son père) ainsi que le sémillant Puja nous accueillent au milieu d'alléchantes odeurs de tempura (fritures - en l'occurence de légumes variés et de poisson). Sitôt la fille aînée, Ena, revenue de son échoppe de fleuriste, nous attaquons toutes ensemble cet all-girls dinner extraordinairement copieux : thé vert et bière (sapporo, kirin et asahi pour les amateurs de japonaises); salade de katsuo (une sorte de poisson, ici mangé cru mais un tantinet mariné), poulpe, oignons doux et oba (aromate entre le coriandre et le basilic, si vous arrivez à imaginer!); tempura de crevettes, de poisson, de champignons, d'aubergines, de fèves vertes, de patates douces et d'oignons (trempés et piqués dans la graisse à coup de très longues baguettes de bois : l'exercice demande une certaine dextérité !); somen (spaghettis de blé, plus fines que les cheveus d'ange) rafraîchies à la glace; thé indien et omelette norvégienne où la crème a remplacé la glace ...

Les pitreries de Koto-chan qui chantonne à deux syllabes, danse, et salue à coup de genoux pliés amusent notre tablée, dont les rires sont entrecoupés des gémissements et aboiements de Puja, jaloux qu'on lui ait ravi ce soir la vedette.

C'est bien repues que nous retrouvons nos ordinateurs pour mettre au point le programme des jours à venir... La chaleur n'a qu'à bien se tenir: nous n'aurons ce soir aucun mal à trouver le sommeil !

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28 juin : Au lycée franco-japonais, des piles à combustible ?

Bonjour,

comme vous l'aurez remarqué, nous travaillons d'arrache-pied à mettre à jour ce petit journal, et vous prions d'excuser notre manque de rédaction ces derniers mois. Qu'à cela ne tienne, les bonnes résolutions prises sont appliquées dès aujourd'hui. D'autant que nous avons beaucoup à vous raconter, puisque nous avons cette après-midi fait connaissance avec la classe de CM1c du Lycée Franco-Japonais de Tokyo.

Elodie fait des repérages dans Tokyo l'étonnante depuis trois jours déjà; elle accueille une Blandine pas très fraîche ce matin à Yutenji : c'est là que nous logeons chez la fantastique famille Ando. Sitôt B. douchée et toutes deux calées d'o-nigiri (boulettes de riz enveloppées dans des feuilles d'algues séchées qu'on appelle nori, et farcies d'ume-boshi qui sont des prunes marinées plutôt salées, ou de poisson sec), nous filons dans le dédale des métros de la capitale pour nous rendre au Lycée Franco-Japonais de Tokyo où Mr Brun et ses élèves nous attendent.

Le métro? on devrait plutôt le mettre au pluriel. Les différentes lignes sont en effet gérées par des opérateurs indépendants, ce qui complique parfois inutilement le fléchage des correspondances (indiquées tant en japonais qu'en caractères romains, ce qui nous simplifie joyeusement la vie) et pourrait faire de l'achat d'un billet une épreuve de patience si on ne pouvait compter sans l'amabilité des usagers japonais qui, nous voyant perdues le nez en l'air à la recherche de la station désirée et du tarif qui permet de s'y rendre, prennent toujours le temps de nous aiguiller quand bien même nous ne pouvons échanger qu'avec l'international langage des mains. Note : l'astuce découverte par Elodie consiste à acheter une carte 'Moultipass' à la Leelo, à recharger de temps en temps, et qui se décrédite automatiquement du montant ad hoc au franchissement de chaque porte ... cela évite d'avoir à "deviner" le prix de sa course, entreprise s'avérant quelque peu ardue !

Quelques péripéties plus tard, nous arrivons à Iidabashi. Il fait chaud sous ces tropiques humides, et Blandine - qu'un jus de fruit 'pomme, orange, raisins, carotte, vinaigre de cidre de pomme [si si ! fatal pour l'estomac, on vous le redira pas !]' plutôt acide n'avait guère désaltérée - attrape des yeux une superbe bouteille en verre bleue qui nage dans un océan de glaçon et séduit en un rien de temps son gosier asséché. De l'eau ! merveille !
Mais voilà, c'est là qu'est l'os. Non seulement elle perd son bouchon 'bille' en faisant tomber la seconde dans le goulot de la bouteille, ce qui la condamne à vider ladite bouteille, mais il s'agissait d'une eau sucrée, pétillante et légèrement citronée - bref, d'une limonade qui ne saurait égaler les vertus rafraîchissantes de l'eau qu'elle recherchait. Bah, l'expérience était intéressante : nous découvrons par l'expérience la créativité japonaise ès conception de boissons !

En haut de la petite côte, l'école. 4 étages plus haut, nous retrouvons Mr Brun et sa classe, qui ont la gentillesse de nous recevoir bien que ce soit le dernier jour d'école. Après cinq mois de correspondance à distance, ce fut une grande joie que d'enfin faire votre connaissance ! Le baromètre et l'hygromètre trônaient sous le tableau, et les connaissances de chacun sur l'énergie et le réchauffement climatique nous ont ébahies. Bravo à tous pour votre enthousiasme et votre créativité ! et pour votre patience à nous supporter pendant un peu plus de deux heures ...

Départ pour Ikebukuro (au Nord Ouest de la Yamanote line, cette boucle qui entoure le coeur de la ville), pour rencontrer des membres de la New Energy Foundation, qui nous ont exposé leur projet de dissémination de piles à combustible dans les maisons japonaises. Celles-ci transforment des carburants fossiles (gaz naturel, gaz de pétrole liquéfié et kérosène) en électricité, et ceci de façon plus efficace que les générateurs d'électricité classiques (meilleur rendement) puisque la chaleur émise lors de la réaction n'est pas perdue, mais utilisée pour chauffer l'eau utilisée dans les maisons. Intéressant ! D'autant plus que cela nous a permis de faire la connaissance de Daphné, notre éminente accompagnatrice de l'ambassade, dont le service pour la science et la technologie nous a formidablement aidées à trouver de nombreux contacts au Japon. Merci !

Heure de pointe dans le train au retour - et pause cannelé bordelais à la pâtisserie qui nous sourit à la sortie de la station, de ses fringuantes 'baguettes, pain bâtards, pains aux raisins' et autres francophilies dont les Japonais semblent friands.
Puja, le caniche à ressorts tout gris et qui devrait être grisonnant (10 ans qu'il a déjà !) salue à forts aboiements notre arrivée. Affamées, nous avalons le délicieux 'carrye' (curry à la japonaise) préparé par Ando-san, et regagnons nos pénates pour y peaufiner les détails logistiques de vendredi. Ena, fille aînée de notre hôte, rentre enfin de sa boutique de fleurs (ikebana, quand tu nous tiens), et discute très aimablement notre programme avant de filer à la gym pour se détendre ... de quoi nous faire sentir mollement paresseuses :-)

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