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12 février 2006 : Viva Espana !

17 février : Grenade, la perle andalouse

Alors qu’Elodie dort comme une masse (merci Papa Maman de m’avoir laissé tomber dans la marmite ‘trajets Pays-Bas / Sud-Ouest en voiture’ quand j’étais petite !) , Blandine suit pendant la nuit les déboires des tenanciers de l’auberge de jeunesse. Des échanges animés en espagnol lui permettent de comprendre (la barrière du langage est une vue de l’esprit surtout quand il s’agit d’un Brésilien et d’un New-Yorkais qui affrontent verbalement leur employeur d’origine britannique) que l’un d’entre eux a, sur un coup de tête, claqué la porte de l’auberge pour ne plus y mettre les pieds aux alentours de 3 heures du matin. Le tout dans un brouhaha teinté d’alcool...L’ensemble nous sera confirmé le lendemain matin avec ajout qu’à son origine serait un réglementaire ‘piquage dans la caisse’ (‘non non, pas besoin de mettre vos sacs dans un casier, tout le monde a des appareils photos numériques [et une caméra HDV ?] ici, personne va rien nous piquer’ qu’ils nous disaient la veille …).
Alors qu’un soleil éclatant nous accompagnait les journées précédentes (le soleil d’Andalousiiiiiiiie), c’est la pluie qui nous cueille au réveil. En ce début de week-end, nous aurions préféré qu’il en soit tout autre. Néanmois, nulle question de modifier notre emploi du temps : fatigue ou non, pluie ou soleil, l’Alhambra est au programme pour la journée ! 

Rien de tel pour nous mettre à pied qu’un bon petit déjeuner dans le centre de ‘Granada’, dans un quartier qui serait fameux pour ses salons de thé .

Souhaitant nous fondre dans le paysage local, nous commandons de bon matin une « tortilla » (omelette aux pommes de terre servies entre deux longues tranches de baguette, spécialité espagnole) pour se rendre compte que le « typisch spanisch » est plutôt pour des toasts classiques sucrés, voire un peu plus exotique, à la tomate et à l’huile (d’olive, hein !). Qu’à cela ne tienne, un petit déjeuner / déjeuner n’est pas de trop aux vues de notre programme. Avec notre vitamine C – un petit jus d’oranges pressées -, nous voici parées pour la montée !

Direction la colline et son Alhambra. Nous sommes au mois de février, il pleut, la température a chuté de 20°C la veille à une dizaine ce samedi: la queue est pourtant bien tenace et après avoir résisté à la tentation de monter à l’assaut de la forteresse à pied en empruntant un des mini-bus rouge sang qui arpente les rues de la ville, nous nous résignons à patienter sagement sous la pluie pour acheter nos billets d’entrée pour les palais nasrides. Petit luxe de la journée : l’audioguide qui non seulement nous donne un certain nombre d’explications et de points de repère historiques mais est surtout équipé de deux écouteurs : ruse de sioux, ceux-ci possèdent l’avantage inestimable de nous réchauffer élégamment (ou presque) les oreilles. Nous l’ôtons à peine de la journée, il fera partie de notre uniforme (assumé, je précise !).

L’Alhambra, c'est-à-dire la « forteresse rouge », a connu ses heures de gloires du 13ème au 15ème siècle sous la dynastie des Nasrides. Cette période fut celle de l’éclat de la civilisation musulmane dans son dernier bastion européen : le royaume de Grenade. L’arrivée des artisans et intellectuels cordouans suite à la prise de Cordoue (1236) par les Espagnols avait favorisé l’expansion économique et culturelle du royaume, dont l’Alhambra en est la plus remarquable illustration. Nous ne vous retracerons pas ici sa riche histoire, dont l’approximation serait plus que grossière, mais vous trouverez ici des détails  qui vous donneront envie d’approfondir votre connaissance de cette merveilleuse période de l’histoire des civilisations européennes.
Nous arpentons pour notre part le vaste site sous la pluie, en imaginant les odeurs de fleurs en été, la fraîcheur que doivent apporter fontaines et bassins sous le soleil étincelant... et qui est aujourd’hui bien superflue.
Notre visite s’achève aux alentours de 17h, la tête pleine de califes, sultans et princesses en tout genre. Du califat de Damas à la Reconquista, en passant par le califat de Cordoue, les raifas, puis les dynasties almoravides et almohades, suivies de celle des nasrides, nous avons vu en quelques heures défiler de si nombreux régimes... que nous en avions oublié avoir faim!

En quittant l’Alhambra, nous partons à la recherche d’un petit restaurant où nous substanter. Nous trouvons la perle rare qui accepte de nous servir un déjeuner à 17h, en nous rendant compte en entrant que la gérante du bar dans lequel nous avions pris notre petit déjeuner (la même qui avait été impressionnée par la commande de tortilla de bon matin et qui se souvenait vraisemblablement de nous !) était en train de converser avec son fils ou neveu... qui tenait ce restaurant ! Comme quoi, nous avons travaillé pour « la famille » (musique du parrain en fonds sonore...).

Le 1er mars :
 C'est superbe ce que vous faîtes !
Zinédine Zidane

Le 1er mars, selon Blandine & Elodie :
Merci!!

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17 février : Arrivée à Algeciras

Nous avions pris nos billets de bus la veille (sens de l’organisation tout à fait remarquable, vous l’aurez noté !), et arrivons à la gare d’autobus avec un petit quart d’heure d’avance (si si, nous avons appris de nos mésaventures barcelonaises). Après avoir appelé deux potentielles auberges de jeunesse d’une cabine téléphonique, nous nous rendons compte avec désespoir que notre arrivée tardive de Grenade n’est pas compatible avec les horaires de bus et que prendre le taxi nous coûterait plus cher qu’une nuit d’hôtel.... Inch’Allah, nous verrons bien sur place s’il existe un petit hôtel pas trop miteux à côté de la gare d’autobus d’Algeciras.
Nous avons la chance de rencontrer dans le bus deux françaises voyageuses (Aurélie et Julie, étudiantes erasmus à Grenade) en partance pour le Maroc. Après les avoir accompagnées jusqu’à l’hôtel à deux pas du port où elles avaient réservé une chambre, nous y prenons une chambre! Conclusion : un brin d’aventure n’est pas systématiquement néfaste ...
Le gérant de l’hôtel, marocain franco-hispanophone, nous prend sous son aîle protectrice et nous déconseille vivement d’aller à Ceuta (autre choix = Tanger). En temps et en argent, nous y perdrions nous explique-t-il. La raison en est assez simple : Ceuta est une enclave espagnole sur le sol marocain. Les formalités douanières sont donc à remplir une fois arrivées sur place, après avoir pris un taxi ou un bus pour se rendre à la frontière. Notre fibre énergétique  (il y a des éoliennes non loin de Tétouan que nous souhaitons aller admirer de près !) et un plan nous expliquant « comment ne pas prendre le taxi à l’arrivée pour aller jusqu’à la douane et  ne payer dès lors que le juste prix une fois arrivées au port de Ceuta»  l’emportent néanmoins. Ceuta, à nous trois !

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16 février : De la Mancha et des campagnes espagnoles

Hier soir, nous avons appris un peu durement qu'il vaut 5 fois mieux acheter son billet d'avion low-cost avant qu'après minuit. Après l'heure, c'est plus l'heure : voilà deux Cendrillons éplorées de ne pouvoir se rendre à Almeria à temps pour y visiter convenablement (et sans trop déranger l'ingénieur qui avait la gentillesse de nous y accueillir) les installations solaires du CIEMAT, puisque les bus ne partent pas suffisamment tôt pour que les quasi  8h30 de voyage nous fassent arriver avant 14h, itou pour les trains. By the way, occasion d'apprendre à notre grande surprise que le métro madrilène ne commence pas à circuler avant 6h. Tout est décalé en Espagne, où l'on dîne à 21h30 ...

Bref, nous optons pour le bus de début d'après-midi, qui nous fera arriver à Grenade en début de soirée.
Cela nous offre le temps d'une courte nuit (il a bien fallu deux heures à la courageuse Elodie pour étudier toutes les combinaisons possibles train-bus-location voiture-avion par Grenade, Algésiras, Almeria voire Séville à combiner avec une prise de ferry le dimanche matin pour arriver toutes fraîches au Maroc - et trancher douloureusement pour l'abandon de la visite d'Almeria), et malgré un lever comme d'habitude assez matinal, le besoin de courir pour attraper le bus de 13h00 qui sera tout compte fait celui de 14h faute de place.

Entre temps, c'est tortillas (omelette aux pommes de terre pourtant onctueuse et légère) et lasagnes à la gare routière de Madrid, d'où nous embarquons avec 20 minutes de retard (heureusement bien sûr, puisqu'à votre avis : qui courait à 13h58 au point d'information pour trouver leur bus parmi les 50 en stationnement sur deux - ou serait-ce trois - étages?) pour l'Andalousie !

Le bus est confortable, et la musique des mieux choisies (tous les tubes favoris de Blandine - la voilà qui se trémousse déjà sur son siège ... Heureusement que 'L'Ombre du Vent'  - roman d'apprentissage acheté à l'aéroport parcequ'il se déroule à Barcelone - retient l'essentiel de son attention !). Nous rejoignons l'autoroute après avoir emprunté un long tunnel rempli de ces grandes chenilles que sont les bus longue distance. Occasion de vérifier que les informations obtenues à la mission économique sont on ne peut plus véridiques : l'Espagne - et en tous cas Madrid - est un immense chantier de construction d'infrastructure. 40 minutes après le départ, nous apercevons toujours à intervalles réguliers des signes de travaux . Monticules de gravats, pelleteuses, ouvriers casqués aux chasubles oranges ... tout y est !

Commence le long voyage jusque Grenade. On sort les ordis, peaufinons un article, et réécrivons les grandes lignes à suivre pour traiter de politiques de maîtrise de l'énergie. Elodie somnole, bercée par les Cranberries du chauffeur et les oscillations du bus. Le paysage est étonnant de verdure. Eluard, à n'en pas douter, est venu dans les plaines du Sud de l'Espagne - il en a simplement omis le vert.

La terre est rouge sombre, le ciel d'un bleu rendu plus lumineux par les moutons de nuages blancs qui y broutent comme en vacances. Et les parcelles où poussent déjà la prochaine récolte sont d'un vert étincelant, qu'atténue quelque peu la teinte sombre des vitres du bus qui nous protègent de la chaleur locale. Le tout est présenté sur un vaste plateau enserré de colines à l'horizon. Bien loin de ce qu'on pouvait s'imaginer à la lecture de la carte de l'Espagne : son désert de ville ne serait-il qu'une vaste campagne alimentant les marchés européens de fruits et légumes?

Les moulins que combattaient Don Quichotte sont toujours là ... et les éoliennes leur tiennent aujourd'hui compagnie, de part et d'autre d'une route où de gigantesque taureaux de carton noir saluent les visiteurs que nous sommes.

Pause pour le chauffeur vers 18h - et rencontre de quatre étudiants de l'ESC Rennes qui rallient Algésiras cette nuit pour embarquer pour le raid 4L trophy. On leur souhaite bonne chance ! d'autant qu'on imagine que si notre bus s'arrête sur la bande d'arrêt d'urgence vers 19h parce que son moteur affiche une température trop élevée, ils en verront de bien plus vertes dans leur épopée marocaine.

Les naufragés du bus arrêté sympathisent tout d'un coup avec leurs téléphones portables - et parfois leur voisin. Un conciliabule d'hommes se tient dans le couloir central - secours est apporté par l'un d'entre eux au chauffeur pour l'examen du moteur et de ses annexes. Retour ponctué d'un essai de déplacement, sitôt salvé d'applaudissements plein de gratitude de tous ceux qui souhaitent rejoindre au plus tôt Grenade, point de départ pour certains vers le grand carnaval de Cadix qui a lieu ce WE.

Arrivée avec 1h30 de retard en ville, embouteillages obligent. Identification de l'auberge de jeunesse, posage de sacs dans le dortoir mixte du Maktoub, petit tour dans la vieille ville toute taguée mais que domine, imposante, l'Alhambra - que nous visiterons demain. Crêpe Dulce de Leche pour nous remettre de nos aventures, et retour au bercail pour un bon gros dodo !

Bref, une journée de voyage comme il en existera probablement d'autres :-)

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15 février : Longue Journée à Madrid : surtout, la bien commencer !

Après un réveil musical tout en douceur et un bon chocolat chaud (le premier depuis 3 semaines – merci Moises !), une galette sucrée à l’anis et la lecture des commentaires postés sur la rubrique norvégienne (merci Louis !), nous filons aussi vite que le permet notre faible connaissance de la géographie madrilène au CIEMAT, le centre de recherche espagnol sur l’énergie, l’environnement et les technologies situé à côté de l’Université Polytechnique de Madrid.

Le métro a des stations sacrément espacées pour des pieds en petits souliers. Suffisamment en tous cas pour que ceux-ci arrivent avec une demi-heure de retard à un rendez-vous qui aura, heureusement !, été décalé d’une heure pour cause de contretemps à visite officielle.

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15 février : Au CIEMAT : gestion des déchets radioactifs de haute activité

Enrique Gonzalès Romero, le Directeur de la Division de Fission Nucléaire du Département Energie, nous accueille dans son bureau ensoleillé, où tourne dans une ampoule exposée au soleil un ensemble constitué de deux panneaux reliés à un axe tournant, chaque panneau ayant une face brillante et l’autre noir. Dans quel sens devraient-ils tourner ? et bien voilà, ils tournent dans l’autre J. Parce que l’effet de température dans cette ampoule qui n’est pas complètement sous vide l’emporte sur la pression de radiation. Pour les curieux : jetez donc un œil sur l’article de wikipedia qui explique comment marche une voile solaire  … c’est tout comme !

Mais revenons à nos neutrons. Après que nous lui eûmes clarifié le pourquoi de notre visite, Mr Gonzalès Romero nous explique la situation de l’énergie nucléaire en Espagne : il n’est aujourd’hui question ni de relancer les investissements dans le nucléaire qui représente aujourd’hui entre 20 et 30% de la production nationale d’électricité (suivant les performances de barrages, dont la production dépend de la pluviométrie et dont la part se situe bon an mal an entre 20 et 25% de la production électrique nationale), ni de fermer les centrales actuelles. Cette situation de ni-ni se traduit par un programme de recherche dont l’objectif principal est la gestion des déchets radioactifs.


Ainsi que sera détaillées dans la présentation que nous ferons de cet entretien, l’une des options de gestion consiste à transmuter les déchets radioactifs de haute activité – non pas pour produire plus d’électricité, mais bien pour se débarrasser effectivement des déchets. L’objectif n’est pas tant de réduire l’impact radiologique du futur stockage géologique où ils pourraient être entreposés, dont Mr Gonzalès Romero insiste qu’il est négligeable, mais de diminuer la taille qui serait nécessaire à un stockage géologique (d’un facteur qui pourrait atteindre plusieurs dizaines), et abaisser encore l’impact à très long terme des radionucléides les plus mobiles, c'est-à-dire ceux qui arriveraient le plus vite à la surface, du fait de leur plus grande solubilité dans l’eau.


Nous rencontrons ensuite José Luis Pérez Rodriguez, un jeune chercheur qui participe à des opérations de vulgarisation sur les technologies nucléaires auprès de collègiens. Ses dadas ? Homer Simpson (dont les activités professionnelles à la centrale de Springfield lui ont inspiré un documentaire de 40 minutes, fruit de 4 ans d’études du dessin animé) et la réalisation de petites présentations vidéos. On peut les trouver, en anglais, sur Youtube et le site des Jovenes Nucleares. Notre avis ? C’est simple, cela permet de lancer la discussion dans une rencontre avec les élèves, de faciliter la mise en relation initiale. C’est peut être un peu trop simple, voire partisan.

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15 février : Au CIEMAT : solaire thermique et concentration

Comment mettre fin à une matinée ensoleillée dans un campus de recherche aux activités très diversifiées ? Une visite au rayon solaire s’imposait.

Félix Téllez Sufrategui nous accueille fort chaleureusement, quoique probablement avec un peu de surprise, lui aussi. Il nous explique ce qui représente le cœur de l’activité de son groupe de recherche et qui fera très rapidement (si si) l’objet d’une description de projet dans la rubrique solaire ad hoc, c'est-à-dire comment fonctionnent les systèmes solaires à haute concentration.

De quoi s’agit-il ? De concentrer les rayons lumineux du soleil grâce à une large série de miroirs, afin de chauffer plus efficacement un fluide (air à pression atmosphérique, air sous pression, eau, sels fondus), qui, en atteignant des températures élevées, pourra servir à la production d’électricité (via cycles de Rankine, de Stirling ou de Brayton).

Plusieurs technologies sont testées à Almeria, le centre de test des prototypes du CIEMAT :
-         les ‘solar troughs’ ou ‘gouttières solaires’, constituées de miroirs paraboliques (ou de segments de miroirs à courbure circulaires placés de telle façon à approximer la courbure parabolique) et au milieu duquel passe une conduite emplie d’un fluide caloporteur qu’échaufferont les rayons du Soleil concentrés par les miroirs,
-         les disques solaires couplés à des machines de Stirling, dont la SES (Stirling Energy Systems) qui les manufacture aux Etats-Unis fait la description sur son site internet,
-         les tours solaires, autour desquels plusieurs heliostats (miroirs approximant une courbure parabolique) sont placés pour en chauffer le fluide placé à leurs sommets. Le premier projet commercial de tour solaire sera prochainement (d’ici 15 jours) inauguré à Séville.

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15 février : Déjeuner instructif

Toujours sous l’agréable soleil qui nous fait fête depuis ce matin, nous reprenons les transports en commun, vers la station Colon cette fois, où nous avons rendez-vous pour déjeuner avec des spécialistes ‘énergie’ de la mission économique de l’ambassade de France. A trois pas, le palais de justice où se déroule, si nous avons bien compris les explications du gardien de la paix chargé d’en barrer l’un des accès, le procès des organisateurs des attentats du 11 mars 2004 à Madrid.

Arrivée à l’ambassade de France dont la devanture moderne et l’absence de drapeau sont pour le moins étonnantes. Une mini-exposition consacrée à Guy Debord
(fondateur de l’Internationale Situationiste) nous attend dans le hall d’entrée, où nous rejoint notre ‘contact’. Premières suspicions envolées (nous pourrions être de siouxes consultants venus leur tirer sous couvert d’identité étudiante et surtout du nez de précieuses informations sur l’état de l’économie espagnole, que la mission économique vend aux entreprises désireuses de développer des activités en Espagne), Thomas Vial et Victoria Orea nous mettent au fait de la situation énergétique en Espagne. Croissance de l’économie, loi de 1997 sur l’électricité (et les tarifs d’achat très favorables aux énergies renouvelables), difficultés sur les projets d’interconnexion transpyrénéens, production de charbon en Espagne … présence de notes de synthèse sur le site de l’ambassade, que nous ne manquerons pas d’avidement consulter ;-)

Repas à rapport qualité-prix imbattable, et découverte des fèves (habas) au lard pour Blandine. Il y avait longtemps que nous n’avions pris le temps d’un pareil festin, et c’est la malédiction digestive qui s’abat sur nous ...

Le 26 octobre, selon Thomas Vial :
ce déjeuner vous aura donc plu    ;-)

Le 5 mai, selon Blandine :
Et donc !

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15 février : Les résolutions du Retiro

… qui résolvons de marcher un peu avant de reprendre nos activités.
Petit point de situation : voilà trois semaines que nous ‘courons le vaste monde’, et il faut bien le dire, nous sommes claquées. Beaucoup vu, beaucoup appris, beaucoup entendu – mais guère le temps de laisser décanter et de plus creuser les informations qui nous sont offertes, encore moins celui de nous intéresser aux villes que nous traversons (exceptées Bamberg et Munich, merci Nina, Christian et les Atoms-un-jour-atoms-toujours), et certainement pas assez celui de dormir. Craquage.

Décision votée à l’unanimité de faire une pause, d’oublier l’appel à la mairie de Madrid pour nous enquérir du fonctionnement de leur usine de retraitement des déchets qui  - en sus de cogénération - se charge de produire du biogaz ensuite utilisé dans les bus de la ville. Stop.

Direction, en métro, le parc Retiro. Comme quoi décidément, nous maîtrisons mal les distances, puisque nous nous apercevrons au retour que la double tour ‘éprouvette’ qui nous sert de repère pour le quartier de l’ambassade était on ne peut plus visible dudit retiré. Blandine plongée dans ‘l’Ombre du Vent’ (comment ça j’ai une ville de retard puisque ça se passe à Barcelone ?) et Elodie dans ‘C’est vert et ça marche’ (comment ça j’ai un pays de retard puisqu’on devait le laisser à Munich ?). Silence – comment dire à l’autre son lessivage personnel ?

C’est le pavillon Velasquez qui nous déridera, ses céramiques ornées de dragons et fleurs sinisantes réveillant une curiosité que n’assouvira pas le panneau descriptif de la salle d’exposition édifiée en 1884.  A trois pas, la fontaine geyser (le paysagiste aurait-il fait un séjour à Yellowstone lui aussi ?), et le pavillon de cristal, une construction toute de verre où sont exposées d’étranges sculptures sur le thème de l’habitat (un igloo de verre, des murs d’acier et résine, un atrium en fonte).

Pause café-thé-toblerone pour se réveiller, et dans un kiosque près de l’étendue d’eau dominée par on ne sait quel vaillant cavalier, l’élaboration de la très solennelle charte du Tour des Energies, signées par Elodie et Blandine. Parmi ses 14 articles, figurent les objectifs que nous souhaitons voir notre aventure remplir, ainsi que les moyens que nous nous obligerons à prendre pour y parvenir – bien dormir et correctement manger, vous qui nous connaissez ne pouvez en douter, y figurent en bonne place J.
Quatre heures après notre déjeuner, nous voilà de retour chez Moises, à la Puerta del Angel. Quatre heure ? c’est qu’au lieu de foncer plein Ouest pour traverser le vieux quartier et retrouver les bords du Rio Manzaneres près desquels il loge dans un grenier réduit mais très sympathiquement aménagé, nous avons emprunté la Calle de Serrano, mix entre la rue François Premier et la place Vendôme qui elle file plein Nord. Le temps de s’en rendre compte au milieu d’une discussion sur l’intérêt d’acheter des tableaux à Moscou et la manie féminine de se retourner sur certaines dames, et le temps passe juste assez pour que nous ayons celui de nettoyer la vaisselle du petit déjeuner avant le retour de Moises.

Le 17 février :
Bravo pour la décision de BIEN DORMIR et BIEN MANGER si vous voulez tenir jusqu'à la fin de votre voyage !!!
Claudia

Le 22 février, selon Séverine :
Courage les filles, pensez à notre routine, notre train-train qui nous abrutit de o... Nous, d'ici, on rêverait de ne partager ne serait-ce qu'une miette de votre périple !!! Donc merci pour ces messages, ces humeurs, cet humour ! Et tenez bon, le jeu en vaut les souvenirs !
Bon courage et bons baisers de ... Saint-Pierre-La-Cour (exotique à souhait ;-))

Le 2 mars, selon Elodie & Blandine :
Merci pour ces mots d'encouragements!  Et bien sûr un grand bonjour du Sénégal où nous venons de débarquer cette nuit...

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15 février : Dîner castillan

Ce dernier a mauvaise mine : mauvais pour la santé, les embouteillages ! Il ne nous en emmène pas moins, après une petite pause, dîner à la Taverna. 21h30 – ce restaurant familial est vide. Nous commandons pour trois un unique plat (pour unique personne, NDLR) qui suffirait à trois Pantagruels affamés : poivrons à l’huile en apéritif, calamars frits en entrée, accompagnés de raie frite et de salade verte, paella (spécialité de valence apprend-on à l’occasion), sorbet au citron (miam ! délice que ce sorbet laiteux), thé – et arrosage copieux (surtout Blandine !) de sangria.



Osons dire que nous sortons en titubant … de sommeil. Mais la nuit n’est pas finie, car nous souhaitons planifier pour le lendemain une visite à Almeria. Affaire de maudire à notre tour les douze coups de minuit au son desquels les tarifs des low costs sont multipliés par 4, et l’idée tombe à l’eau. Tant pis ? Tant mieux ? ce sera à la place l’Alhambra de Grenade et ses charmes déjà tant vantés que vous ne nous en voudrez pas de ne pas vous en faire une description circonstanciée.

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15 février : Des noms espagnols et de leur longueur

Vous aurez certainement remarqué que nos interlocuteurs espagnols ont des noms à rallonge …

Et oui, pour ceux qui comme Blandine l'ignoraient, tout Espagnol a un double nom de famille : le premier est le premier de son père et le second,  le premier de sa mère. Depuis 1999 les parents peuvent demander l'inversion de cet ordre à la naissance. Avant, seuls les noms paternels survivaient au-delà d'une génération.

Plus d’information pour les vraiment très curieux sur : http://www-cdpf.u-strasbg.fr/nomespagne.htm

Le 29 mars, selon Matthieu :
Incroyable

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14 février : Barcelone et la start-up « de deuxième vie »

Après avoir tiré autant que possible sur le lait de secondes que distille une montre à la trotteuse toujours trop rapide quand il s’agit d’aspirer les dernières gouttes d’internet disponibles chez Xavi, l’heure qui passe décidément trop vite nous arrache de l’ordinateur : nous partons en catastrophe (comme toujours...) en direction du centre. Objectif, ne pas arriver en retard à notre rendez-vous pris la veille dans une cabine téléphonique de Barcelone. Conformément aux instructions laissées par Xavi, nous jetons par la fenêtre les clefs dans l’appartement en prenant soin de sourire aux passants et refermons délicatement l’ouverture... un travail minutieux digne d’Arsène Lupin !
 
Comme proposé gentiment par Romain et Adriana, nous déposerons nos énormes cargaisons –comprendre nos sacs- chez Toni leur concierge avant de filer à notre rdv. Ce n’est pas que Madrid soit mal desservie par les transports en commun, mais les stations de métro sont en toute objectivité espacées les unes des autres. Avec nos gros sacs à dos,  l’objectivité devenant toute subjective, la distance nous paraît incommensurable. Le temps que Toni, nous raconte ses dernières lectures (comment comprendre les 7 langues latines en s’intéressant à leurs racines communes) en illustrant son propos d’un article du Monde où était consciencieusement souligné au crayon à papier ce qu’il en comprenait bien que n’ayant jamais appris le français -, nous voici reparties. Direction le quartier de Sant Antoni (après un arrêt pour plein des réservoirs par de gras gâteaux aux amandes) où nous rencontrons les inventeurs d’un appareil dont le principe est fort séduisant : il s’agit de réduire de 5 à 13% la consommation en carburant des véhicules, ce pourcentage augmentant avec l’ âge de ces derniers ! Cette technologie permet de s’attaquer à un énorme gisement d’économie d’énergie puisqu’elle a le grand avantage d’être utilisable par le parc des véhicules anciens. Ses inventeurs en présentent le prix comme non prohibitif, puisque que la « boîte noire » coûterait de l’ordre de 650 euros, achat et installation comprise. Le calcul est assez simple : une voiture roulant en moyenne 30 000 km par an, économiserait l’essence permettant de rouler environ 3 000 km, soit 300 litres pour une voiture consommant 10 litres aux 100 km. Supposons que le prix du carburant (car, ô magie, cet appareil fonctionne aussi bien sur les moteurs essence que diesel que GPL...) soit entre 1 et 2 euros par litre, Le résultat est parlant : l’économie financière réalisée par l’utilisateur atteindrait entre 300 et 600 euros par an : l’investissement initial est remboursé en près d’un an. Ceci est d’autant plus attrayant que l’appareil n’aurait pas besoin d’être remplacé, sa durée de vie étant selon ses concepteurs équivalente voire supérieure à celle du véhicule. ‘L’économisateur de carburant’ de la société Ronser est testé avec succès depuis plusieurs années sur des autobus de l’agglomération de Barcelone. Il ne reste plus qu’à le lancer sur le marché ! Quelle aventure pour les deux ingénieurs qui l’ont développé après une vie professionnelle bien remplie. Amoureux de la voiture, brevet de leur technologie en poche, ils rêvent avec leurs deux partenaies de changer le monde et de devenir millionnaires... l’avenir leur répondra ! Un descriptif plus détaillé vous donnera quelques éléments de compréhension du principe de fonctionnement de leur appareil.
 

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14 février : Enchaînement « loose » de la journée !

La matinée, très instructive, a plutôt bien commencé – mais méfiez vous de l’eau qui dort ! Ouvrez grand vos mirettes pour lire avec délectation les aventures qui se sont enchaînées pour placer – et probablement pour longtemps - le mémorable jour de la St Valentin 2007 au top du hit parade de nos journées ‘loose’.
 
Sorties de notre rdv, nous décidons de profiter du peu de temps qu’il nous reste pour visiter les phares touristiques de Barcelone dont nous ne connaissions que le métro et la casa Battlo entraperçue la veille. Nos bagages étant au chaud pas bien loin de la Sagrada Familia, nous décidons effrontément de faire une croix sur le parc Guell un peu trop septentrional à notre goût pour mieux nous balader dans le vieux quartier (« barrio gotico ») et garder nos dernières minutes pour sinon visiter du moins admirer le chef d’oeuvre inachevé de Gaudi. Ce choix, vous vous en doutez, condamnait par avance la bellissima Sagrada Familia... nous n’osions pas encore l’imaginer !
 
La première mauvaise nouvelle fut de constater que nous avions oublié notre unique clef usb sur l’ordinateur de Xavi. Les clefs de son appartement ayant été jetées dans la cuisine, il était difficile de faire marche arrière.... d’autant qu’Ocata est loin du centre de Barcelone et que le désir d’être à l’heure pour notre avion ne nous laissait pas le temps de faire l’aller-retour !
Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, nous effaçons cette nouvelle de notre mémoire et descendons l’enfilade des Ramblas jusqu’au port. Las Ramblas un jour de semaine en hiver n’ont probablement pas grand chose à voir avec la même avenue étincelant sous le soleil d’été, mais nous avons pu en humer l’atmosphère...
 
L’heure tournant, nous demandons des tapas « à emporter » - concept que nous inventons pour l’occasion- dans un petit restaurant près du port, pour les déguster (calamars frits tiédasses – à avaler très vite pour en oublier le gras) dans le métro, direction : les sacs. L’heure tourne certes, et même un peu plus vite que prévu... après nous avoir donné quelques suées froides, le temps de récupérer les sacs ajouté à celui causé par un mauvais enchaînement de trains nous amène tout près de la crise cardiaque. Nous pensions pouvoir encore attraper notre vol en arrivant tout essoufflées au comptoir d’enregistrement de notre low cost du jour et en prenant nos mines les plus rayonnantes de candeur... euh, 15 min avant le départ du vol (toute ressemblance avec un culot frisant l’insolence serait tout à fait fortuite). A notre grande suprise (et indignation !), nous voilà quittes pour prendre le vol suivant, moyennant une petite note salée... et un coup de fil pour déplacer un rdv que nous avions prévu le soir même !
 
Après nos 3h d’attente syndicales, un petit coup de stress (Blandine, qui est d’une nature certainement trop confiante pour survivre dans la jungle d’un aéroport, avait une carte d’embarquement pour Rome et non pas Madrid – et ne s’en est rendu compte qu’à 5 minutes de l’heure limite du boarding) et la durable impression que les vols vueling servent de simulateurs de vol aux apprentis pilotes, nous arrivons avec - évidemment, ne mérite pas le titre de ‘journée loose’ qui veut - 1h de retard à Madrid. Nous sommes un peu fatiguées et notre attention en est d’autant moins alerte ! Embarquée dans la vie péruvienne d’une Anglaise rencontrée dans la navette entre les deux terminaux madrilènes, Blandine en oublie son anorak... ce monde d’injustice laisse néanmoins une seconde chance aux pauvresses que nous sommes : après avoir attendu que le bus revienne en sens inverse (les doigts croisés comme il se doit), nous avons retrouvé ce bien précieux en bénissant le chauffeur de bus qui l’avait mis de côté ! Blandine, dans son élan de bonheur, remercie en allemand faute de pouvoir le faire en espagnol, ce qui nous vaut d’être prises pour deux outre-rhiniennes (faites pas les malins, on n’a pas dit ‘outres’). Tout est bien qui finit bien, avec, bien sûr, une grosse demie-heure à ajouter à notre « avance ». ..
 
En quittant le centre de Barcelone à 14h30, nous sommes parvenues à arriver à bon port à 23h, ce que nous aurions tout aussi bien pu faire à bicyclette ! Pour faire passer le temps d’une St Valentin sans nos amoureux, avouez que nous ne nous sommes pas mal débrouillées !

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14 février : Moises ou la vocation de couchsurfer

Notre hôte ce soir est Moises, qui a l’immense joie de nous voir débarquer à 23h, alors qu’il bosse le lendemain ! Couchhosting, quand tu nous tiens... Moises reçoit en moyenne un couchsurfer par semaine. L’occasion pour nous de découvrir les ficelles du métier de couchsurfer, et d’autres réseaux qui s’inspirent du même concept : Servaset Hospitality Clubpar exemple. L’étude comparée de ces différents réseaux fait ressortir la dimension  « jeune » et « citadine » de couchsurfing. Servas serait plutôt l’astuce des familles, et a un réseau plus développé dans les campagnes. Autant de réseaux qui permettent de voyager en rencontrant les habitants des pays traversés.

L’incarnation du dévouement de Moises est un livre d’or dont l’idée est vraiment fort sympathique. Chaque « hébergé » concocte un petit mot lors de son séjour que notre homme assortit d’une photo traditionnelle de famille : ses hôtes, son canapé lit et lui. C’est ainsi que l’on découvre que cela fait bientôt deux ans que Moises est dans le « business couchsurfing » ! Certains ont pris la peine de lui dessiner une véritable BD, d’autres ont écrit un petit mot plus simple.... toutes les nationalités sont représentées (par sa gente féminine en général J ), mais nous avons l’honneur de faire partie des rares français, malgré et probablement du fait de la proximité géographique !
Les présentations faites, notre condition de petits êtres humains que nous nous devons de nourrir se rappelle à nous. Il est 23h certes, mais nous n’avons rien grignoté depuis nos tapas à emporter avalés en quatrième vitesse dans le métro de Barcelone ! Ne souhaitant pas déranger, nous précisons à Moises que nous nous échappons une petite demi-heure pour nous substanter au Burger King du coin de la rue (précisons que c’est la seule antre à calories ouverte à cette heure de la nuit). Hérésiiiiiiiie ! A raison, Moises nous chapitre sur la cohérence de notre quête énergétique. Nous n’allons tout de même pas prêcher la bonne gouvernance du secteur de l’énergie teintée de développement durable et aller manger du boeuf nourri au soja génétiquement modifié, pur produit de l’agriculture intensive, et l’une des causes reconnues de la déforestation amazonienne. Convaincues, nous nous résignons à un petit oeuf sur le plat...

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13 février : Soirée catalane

Après avoir passé un coup de fil à Romain, chercheur à l’institut de sciences photoniques et ami de Blandine, nous repartons pour le centre ville pour profiter un peu de notre soirée catalane. Afin de garder du temps pour échanger avec Xavi malgré la courte durée de notre séjour nous avons convenu de dîner « léger » avec Romain dans un petit coin sympa, et d’ensuite rejoindre Xavi pour un dîner typique, à Ocata.
 
Nous devons dans un premier temps retrouver Romain à la « Casa Battlo », où se rencontrent les amoureux de l’architecte Gaudi. Après nous être attardées à l’intérieur des cours de la moitié des hôtels particuliers du tronçon que nous parcourons des Ramblas – certaines sont tout à fait splendides !-, nous finissons par presser le pas et demandons notre chemin à un policier. Ne souhaitant pas ressortir le guide qui fait de nous des touristes étiquetées, nous demandons la casa Battlo... en écorchant son nom! Le policier éclate de rire, ce qui ne manque pas de vexer Elodie qui s’interroge sur sa prononciation. En réalité, la transformation que nous faisons subir à ce mot tout mouillé (dont nous ne vous ferons pas part sur ce blog pour épargner vos chastes oreilles) ressemble à s’y méprendre à un gros mot espagnol. Après nous avoir expliqué les raisons de son hilarité, l’avoir bien évidemment partagée à son collègue (!!), et nous avoir fait promettre d’éviter à l’avenir d’écorcher ainsi le nom du sieur Battlo,  nous trouvons bien heureusement notre chemin.
 
Romain et Adriana nous emmènent dans un bar à tapas (Tapaç24 pour les connaisseurs) qui ne paye pas de mine à l’extérieur, mais dont les habitués reconnaitront l’authenticité. Nous goûtons avec gourmandise à plusieurs spécialités catalanes dont les toasts aillés à la tomate et les calçots (jeunes pousses d’oignons grillées) accompagnés d’une petite bière blonde répondant au doux nom de Clares. Adriana et Romain nous expliquent que les calçots se mangent traditionnellement debout et à pleine main, un bavoir autour du cou, dans certaines villes catalanes à l’occasion d’une certaine fête, et que le spectacle vaut vraiment le déplacement ! Les tapas que nous avons goûtés ne peuvent que nous inviter à planifier une nouvelle visite catalane qui devra coïncider avec ces festivités culinaires.
 
Bien entendu, notre emploi du temps initial donnera lieu à une interprétation (la  notre, bien entendu !) un brin tirée par les cheveux. A l’heure où nous devions être à Ocata nous appelons Xavi pour lui dire de commencer (et terminer !) sans nous. Pas une bête idée que de l’avoir appelé, puisque  nous aurons en sus le chic de nous perdre en route entre la station de RER et son appartement.
 
22h30, Ocata, banlieue ni cossue ni malfamée de Barcelone, aux rues particulièrement désertes un mardi soir... comment demander son chemin, lorsqu’on ne croise ni pelé ni tondu de par les rues ? Après une errance mémorable, nous rencontrons un autochtone à qui nous expliquons que nous cherchons (de mémoire) une place carrée où il y a une sorte de marché en journée du côté du centre. Hmm, que nous ne connaissons pas le nom de la rue de notre hôte puisque nous étions sensées nous souvenir du chemin suivi depuis la gare. Hmm, que Blandine se souvient vaguement d’une école avec une fresque sur fonds bleue (il s’avèrera que celle-ci était jaune) non loin de ladite place. Hmm, que ce n’est pas très loin, mais nous ne savons pas où. Hmm, qu’en effet, nous n’avons pas l’adresse. Nous avons réussi à faire rire notre homme qui se gausse de nos descriptifs et réminiscences de petits détails du chemin emprunté le matin même !
23h, Ocata. Nous atteignons enfin notre point de repère (la fameuse place carrée !) et retrouvons notre route avec brio !
 
Nous comptions acheter quelque chose en route... mais comble de malchance (n’est ce pas ?), tout est fermé (à 23h ? comme c’est étonnant !), et nous offrons à Xavi (avec honte, nous ne le cachons pas) le surplus de chocolat noir acheté à la patisserie l’après-midi (à peine entamé, il est vrai...). Ceci n’était point prémédité, nous pensions véritablement ne pas arriver les mains vides ! Et pour tout avouer, avoir le temps de dîner véritablement, pour avoir l’estomac un peu plus plein en nous couchant... Nous avons toutefois le temps de discuter un peu avec Xavi, et découvrons qu’il nourrit des rêves sportifs extraordinaires voire légèrement fêlés : en partant de l’extrémité Nord-Est de la Russie, arriver au point le plus à l’Ouest de l’Europe sans être motorisé et en variant les plaisirs entre ski, vélo et marche à pieds ! Notre projet fait bien pâle figure à côté. En attendant, notre sportif s’entraîne trois fois par semaine, court les marathons et fait du vélo dans les montagnes tadjikes et bientôt albanaises : Fred, Yoyo et JT – un partenaire d’aventures pour vous ?

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12 février : Adieu Munich, bonjour Barcelone !

Nous avions trouvé un billet d’avion à tarif imbattable (de l’ordre de 50 euros pour un Munich-Barcelone :  à ce prix là, le bus n’est même plus compétitif ! (Conséquences environnementales à méditer) émis par une compagnie que nous ne connaissions pas encore, « Click air ».  Cette première rencontre est pour nous celle de tous les délices : Outre le retard de près d’1 heure qui s’excuse pour les low cost, la plus intéressante caractéristique de cette compagnie semble être de mettre aux commandes des apprentis pilotes. , Rationnellement, nous en déduisons que leur formation est par conséquent moins coûteuse, et l’apprentissage très certainement accéléré – après tout, le test en nature est bien plus réaliste que n’importe quel simulateur de vol, aussi sophistiqué soit-il. Grande économie à la clef, voire profits si Click Air se lance aussi dans la formation des pilotes des autres compagnies ... au détriment du confort et de l’impression de sécurité ressentie par les passagers qui semblent se demander s’ils sont dans un coucou à hélice africain ou un Tupolev russe de première génération ! Nous ne nous considérons pas comme étant particulièrement « trouillardes », nous nous permettons toutefois de douter de la véracité des « turbulences » (sur un vol d’une heure et demie, il y en avait tous les quarts d’heure) ou de la nécessité d’opérer un atterrissage pour le moins artistique . Plus de peur que de mal, heureusement...
 
Notre hôte « couchsurfer », répondant cette fois-ci au doux nom de Xavi, nous attend chez lui aux alentours de 21h. Nous avons donc le temps de découvrir le café de l’aéroport et son wifi. On ne change pas les méthodes qui gagnent ! Un petit jus d’oranges pressées aurait, rapporte t-on, fait craquer ces dames...
Xavi n’habite pas le centre de Barcelone mais Ocata, petite ville de banlieue desservie par le RER local. Malgré l’heure tardive (il est déjà 23h30), le jeune homme vient nous chercher à la gare (chers téléphones publics, heureusement qu’il en reste quelques uns...) pour  nous indiquer le chemin que nous nous promettons d’emprunter les jours suivants, à condition (comme vous l’imaginez non remplie) que nous le retenions ...
Arrivées à l’appartement, nous nous familiarisons avec les « règles de vie » chez Xavi ! De la visite générale de l’appartement à l’introduction aux tris de déchets, rien n’est omis dans le discours d’accueil.  Nous sommes très bien installées, quoiqu’un peu fraîchement pour Elodie qui a eu l’amabilité de laisser le lit de camp à Blandine. Faute de se confectionner un erzats digne de ce nom, Elodie passera sur le carrelage froid une très courte nuit ! Blandine, en bon primate évolutif, s’instruira de cette expérience malheureuse pour réclamer à notre hôte des couvertures qui l’isoleront avantageusement du carrelage froid la nuit suivante.

Le 7 mars :
Bonne Chance
Thierry Henry

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