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18 février 2007 : De Ceuta à Casablanca

18 février : Traversée de la Méditerranée en ferry

Après une nuit bien calme, nous bouclons nos bagages et prenons la route du port - qui s'avère être à 200 mètres. Décidément, Aurélie et Julie nous ont mis sur un excellent tuyau en nous recommandant l'hôtel de la Senora de Carmen !

S'étendent sur notre droite cinq boutiques vendant des tickets pour la traversée. Nous achetons nos billets pour un départ à 11h. La traversée est brève (35 min), et une température estivale nous accueille au port de Ceuta. C’est encore l’Espagne, mais à vrai dire déjà le Maroc, qu’il s’agisse de la population ou du paysage urbain... Si nos sacs ne nous rappelaient à notre douloureuse condition d’êtres de chair, ce petit vent chaud et les palmiers environnants nous feraient penser à un petit paradis sur terre. La vieille ville que nous apercevons de loin et le fort du 16ème siècle nous paraissent tout particulièrement dignes d’intérêt.

Notre cargaison sur le dos, nous grimpons quelques centaines de mètres pour nous rendre à l’arrêt du bus qui nous amènera à la frontière. Halte à l’arnaque taximétrique à l’intérieur du port, nous résisterons tant que nos dos tiendront !

Arrivées à la frontière, nos visas Pakistan et Kenya ont un peu de de mal à convaincre le douanier de notre inoffensivité. Stratégie en place : nous taisons notre amour pour l’énergie et la spécialité nucléaire de Blandine (pas folles...), et adoptons un air timide et malheureux de jeunes filles effarouchées. Nous ne savons si la stratégie s’avère payante, mais après consultation du chef puis du chef du chef (la remontée semble s’être arrêtée à deux échelons supérieurs), nous voici libérées de la perspective d’être interrogées davantage.

 

Direction : Tetouan. Itinéraire : tout droit. Moyen : « grand taxi » (pardon à tous ceux qui nous ont conseillé de ne jamais mettre les pieds dans les taxis collectifs – promis craché, y avait pas d’autre solution). Le principe est simple : un taxi bleu accueille quatre passagers sur la banquette arrière et deux sur le siège passager pour 20 petites minutes de trajet. La proximité favorise les échanges : en demandant à notre voisin de droite pourquoi une cammionnette était arrêtée par des policiers au bord de la route (contrebande de produits espagnols à destination du marché marocain...), nous faisons de fil en aiguille la connaissance d’Issam qui deviendra notre guide pour la journée. Elodie devra donc s’improviser interprète, la communication ne se faisant fluide qu’en espagnol.

Le 20 février, selon Nico :
Salut Elodie et Blandine,

unfortunately you decided not to write your blog in english so I can hardly follow your journey as my french is too bad :(
However, I hope everything is going allright and that you have fun on your upcoming CS experiences, and of course that you learn a lot about all the projects that you're going to visit.

Have a good time!

Nico

Le 20 février, selon Blandine :
Hi Nico,

we haven't forgotten !
we will try to write one out of two days in English - and I m sure that you will have noticed that we haven t yet written about our Stuttgart experience...

I hope you enjoyed the Koln carnaval - and am sure that both Matthias and your costumes had great success  !

Stay tuned ...

Blandine

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18 février : Issam nous ouvre les portes du Maroc à Tetouan

Nous savons qu’il n’est pas de bon ton de se fier au premier passant venu, mais Issam est particulièrement sympathique, bien élevé et chaleureux pour que nos gardes fous tombent après une demie heure de conversation à la gare. Le jeune homme, ayant appris que c’était la première fois qu’Elodie mettait les pieds dans son beau pays, et affirmant que toutes les deux se devaient d’avoir une bonne opinion de Tetouan et du Nord du Maroc nous déclare « invitées au Maroc » par sa petite personne. Une de ses premières réactions étant de nous proposer une avance d’argent (avant que nous ayions suffisamment de dirhams en poches !) pour acheter nos billets de bus pour Rabat, il ne pouvait pas être fondamentalement mauvais ;-)

Nous laissons nos gros bagages en consigne pour la journée, notre départ en bus étant fixé pour minuit (repardon à tous ceux qui nous ont conseillé de ne jamais voyager de route la nuit – en général les mêmes que ci-dessus – il n’y avait vraiment pas d’autre solution). C’est alors que nous assistons médusées à un véritable interrogatoire d’Issam par le gardien de consigne qui agit en super-papa-poule... Après vérification de ses bonnes intentions, nous sommes « autorisées » - quoiqu’à nos risques et périls - à le suivre pour nous rendre chez lui, dans sa famille.

Issam est l’aîné des trois enfants de la troisième femme de son père. Son père étant décédé il y a quelques années, sa mère s’est mise à travailler : elle joue du luth dans un groupe de musique qui se produit à l’occasion de mariages, festivals et cérémonies. Bien que la mère d’Issam ne parle ni français ni espagnol, les photos qu’elle nous a montrées de son groupe de musique, exclusivement féminin, et des tenues de mariage traditionnelles de la région nous ont tout de suite mis dans l’ambiance de ces fêtes qu’elle anime. Blandine lance le mouvement en passant quelques photos de dîner californien, Elodie prend le relais avec photos de Noël et souvenirs de ski...  nous passons un moment très sympa, agrémenté des trois mots d’arabe que connaît Blandine (en gros : savoir compter jusque 10 et dire merci).

Les soeurs d’Issam, 19 et 22 ans, étudient économie et droit à l’université de Tétouan. Issam n’a pour sa part pas pu poursuivre ses études et s’il est loin d’être inactif, il est représentatif des difficultés de trouver un emploi non qualifié dans la région.


C’est l’occasion pour nous de découvrir un monde de petits boulots, travail au noir, rêves d’arrivée en Espagne (brisés par le renvoi au bercail après une première tentative armé d’un faux passeport)... mais aussi le délaissement historique de la région par Hassan II, ses conséquences sociales, les espoirs apportés par Mohammed VI qui y apporte enfin le développement, le tout sur fond de difficultés à rattraper un retard industriel important et de misère de toute une frange de la population (dont le travail des enfants n’en est qu’une illustration).

Issam ne cherche pas à nous apitoyer sur son sort (il refuse avec obstination que nous payions le café !), mais veut nous nous informer sur les réalités de sa région, tout en nous laissant une bonne image de l’hospitalité des « berbères du Nord ». Il se trouve d’ailleurs plutôt bien loti. Il travaille (au noir certes) dans une petite échoppe, à Ceuta – c’est à dire dans l’enclave espagnole du Nord du Maroc. Il gagne ainsi un salaire bien supérieur à celui qu’il pourrait espérer à Tetouan. Pas de couverture sociale, pas de traitement de faveur (son patron marocain le fait travailler sans vacances ni congé maladie de 10h à 1h du matin du lundi au samedi), mais l’espoir de monter un jour son petit business, ou de réunir suffisamment d’argent pour repasser la frontière espagnole. En attendant, son boulot n’est pas trop mal payé, il loge en colocation à Ceuta et rentre régulièrement le week-end pour voir sa famille.

Mais revenons à notre emploi du temps. Ayant décidé de passer par Tétouan pour aller admirer des éoliennes de près (sans chercher à en visiter les opérateurs, imaginant que nous aurions eu peine à être reçues un dimanche après-midi !), nous nous devons de respecter notre ambition initiale. Après discussion, Issam négocie pour nous un taxi et nous voici tous les 4 en partance pour « un champs d’éolienne quelque part sur la route de Tanger mais qu’on verra de loin et qu’on ne peut donc pas louper»! Des sources dont la fiabilité ne sera jamais mise en défaut lors de notre séjour (merci Aniss !) nous ont indiqué que nous pourrions voir sur la route de Fnideq le parc de El Koudia Baida Gate, et sur celle de Tanger les 12 éoliennes installées par le cimentier Lafarge. Cela ne manque pas, et après une petite demie heure sur la route, nous nous rapprochons effectivement de notre cible.

Caméra (dont on se rendra compte une semaine plus tard que le micro était réglé sur la mauvaise sortie L), appareil photo, nous sortons un matériel digne de journalistes pour aller voir ces engins tourner. Le chauffeur de taxi, après s’être garé à proximité des éoliennes, se joint à notre expédition pour les admirer de près. Nos 4 compères s’approchent des engins, les auscultent ou presque, s’étonnent de les trouver aussi gros, de les voir tourner aussi vite... un travail scientifique de terrain de très grande qualité !

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