Prométhée, cette énergie... la votre !
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2 mars 2007 : La Teranga du Sénégal

5 mars : Matinée à la Direction de l'Energie

Lundi matin, lever à 8h pour un premier rendez-vous fixé à 11h.
Pourquoi se lever si tôt (hum, vous tous qui travaillez, ne nous en veuillez pas) ?
1. une opposition de principe à toute léthargie qui nous serait fatale (on commence comme ça, on finit comme ça, c’est bien connu)
2. il y aura des embouteillages à Dakar, et nous habitons très loin du centre
3. nous espérons prendre rendez-vous en chemin avec Lamine Thioune, directeur de l’énergie (que nous n’avions pu joindre la semaine précédente car il était absent de Dakar), pour le voir - pourquoi pas - à 10h.

A notre grande surprise, M. Thioune est prêt à nous recevoir. La suite nous fera encore plus sourire, mais (patience...) il vous faudra lire le passage sur notre rendez-vous pour comprendre.
 
La chance nous sourit aujourd’hui, et nous tombons sur un taxi qui zigzague avec brio entre les routes principales pour ne prendre que les petites voies secondaires dénuées de tout encombrement. Résultat des courses : embouteillages évités, nous nous retrouvons à deux pas du Ministère de l’Energie une bonne demie heure avant notre rendez-vous, chose suffisamment rare pour être mentionnée. A défaut d’un café équipé de wifi, nous dénichons un endroit où Elodie trouvera la dose de caféine qui lui permettra d’être un peu plus opérationnelle (aaah, Elodie le matin : tout un poème).
Etant donnée la prise tardive de notre rendez-vous et les responsabilités de Mr Thioune, nous nous attendons à ce que l’entretien se fasse entre deux portes. Attendre un bon quart d’heure (la ponctualité étant la politesse des rois, selon l’adage que nous nous répétons) nous fait croire que nous ne sommes ni vraiment désirées ni tout à fait attendues. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir en poussant la porte de son bureau l’armada de collaborateurs que M. Thioune avait conviés pour l’occasion ! D’où la question : nous présentons-nous d’une façon qui prête à confusion ? D’autant que lorsque nous mentionnons le sujet de notre investigation (L’existence ou non d’une politique de maîtrise de l’énergie, les mécanismes techniques et financiers permettant sa mise en oeuvre...), M. Thioune envoie chercher d’autres personnes qui travaillent plus précisément sur ce sujet ! Il y a de quoi nous désarmer... nous restons plus d’une heure et demie dans son bureau et partons pleines de rendez-vous avec chacun des présents. Nous commençons par rencontrer M. Niang, responsable des énergies domestiques et biocarburants, puis partons voir M. Kanoute, responsable de projets dans le solaire et l’éolien.
Emportées par la prolixité de nos interlocuteurs en information, nous en oublions l’heure et voici qu’il nous reste à peine une demie-heure pour déjeuner et rejoindre la GTZ (agence de coopération allemande) située dans le quartier « Hann-Maristes ». Nous reviendrons, c’est décidé, voir les autres, mais pour l’heure, il est temps de filer. C’était sans compter sur le vrai trafic de Dakar, ie celui auquel on ne peut pas échapper lorsqu’on traverse la ville de bout en bout aux alentours de 16h. Après avoir sacrifié le déjeuner (panini pas très ragoutants achetés sur le bord de la route...) et nous être presque égarées, nous arrivons la bouche en coeur avec un petit quart d’heure de retard, honnête performance.

Le 22 mars, selon Zinédine Zidane :
Vous faîtes quelques choses de méga bien !!!!!!!!!

Le 22 mars :
Merci du compliment !
Blandine et Elodie

Le 22 mars, selon Jacques Chirac :
Blandine je

Le 1er avril, selon ecoloman :
Bravo pour le récit, on attend la suite avec impatience !
Y a t'il au Sénégal, dont le nord est aux portes du sahel, une politique originale en regard de l'énergie ? les petits réchauds économmes en bois,  les fours solaires sont il favorisés ?  le photovoltaïque qui peut changer la vie et retenir les gens à la campagne, se developpe t'il ? 

Le 5 mai, selon Blandine :
Bonjour,

pardon de cette réponse très tardive. Il existe en effet dans cette région des projets de promotion des fours économes en énergie, ainsi que de déploiement de capteurs solaires (en particulier pour fournir à des pompes à eau l'électricité dont elles ont besoin pour permettre d'améliorer les rendements agricoles par irrigation). Nous ne saurions cependant vous fournir un point de vue détaillé sur l'étendue de ces initiatives - et vous proposons de contacter les agences de développement installées au Sénégal (dont l'Agence Française du Développement) pour un panorama chiffré et complet de ces sujets.

Blandine et Elodie

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4 mars : En attendant Gorée : le centre historique de Dakar

Alors qu’Elodie émerge difficilement, soirée de la veille oblige, Blandine est pétillante ce matin, et prête à entamer avec enthousiasme notre journée touristique ! Au programme : l’île de Gorée, que tout le monde nous a conseillé de visiter : petite perle d’architecture coloniale, et plaque tournante (ou non, selon les versions, mais nous retiendrons sa valeur de symbole) de l’esclavage à l’époque où le commerce triangulaire enrichissait l’Europe.  
La navette Dakar – Gorée nous passant effrontément sous le nez (la narration est un poil romancée, l’histoire-la-grande-la-vraie retiendra probablement que l’effrontitude – Merci Ségolène !- tient plutôt à notre demie heure de retard), nous sommes quittes pour prendre la prochaine . Pas de chance, les navettes partent toutes les demies heures, sauf le dimanche, et devinez quoi, aujourd’hui, c’est dimanche ! Nous voilà donc avec une heure et demie « à tuer ».
 
La très détaillée carte de Dakar que nous a remise Louise en main, nous partons en direction de la place de l’indépendance, point central et historique de la ville, par ailleurs assez proche de l’embarcadère. La chaleur est de mise aux environs de midi, et nous nous accordons une pause ombragée et salutaire sous les palmiers. Papi Robert pour les intimes (comme quoi et bien qu’Alzheimer nous ait aux dernières nouvelles encore épargnées, il n’est jamais bon de raconter les aventures sénégalaises d’Afrique du Sud, parole d’Elodie) et sa soixantaine bien trempée s’approchent pour nous souhaiter « la bienvenue ».  La terranga sénégalaise, tout un programme... qui fait parfois un peu peur à Blandine dont la réaction première est la suspicion (que souhaite t-il nous vendre, celui-ci ?), mais qui bon gré mal gré, est une chaleureuse et souvent sincère convivialité. L’homme qui nous approche est le premier catholique que nous rencontrons au Sénégal (pays 90% musulman quoique très tolérant vis à vis des autres religions), et il prend plaisir a nous raconter son histoire. Il a fait ses études à l’école catholique française, puis après avoir passé quelque temps à l’école militaire puis dans l’armée (sans qu’il en garde beaucoup de souvenirs) fut gardien du musée d’art africain de la ville. Narration qui est pour lui l’occasion de nous confirmer que la corruption fait trop souvent le bonheur des collectionneurs privés sur le dos des collections nationales.
 
Armées de notre carte fétiche, nous nous dirigeons vers le marché Sandaga, le plus gros, le plus grand, le plus bruyant et naturellement le plus odorant de Dakar. Nous faisons connaissance sur la route avec Samba qui nous servira de guide dans ce dédale d’odeurs, aujourd’hui presque vide étant donné que nous sommes un dimanche. C’est l’occasion de goûter au bouy séché (fruit de baobab), de faire le plein de couleurs, et, au vu des étals de poissons et poulets que ne réfrigèrent que les battements d’ailes des mouches, d’espérer que les restaurants dans lesquels nous mangeons ne s’approvisionnent pas ici :-) Entre les
Samba finit par nous emmener dans son atelier de confection (point que Blandine ne manque pas de prendre pour preuve de sa théorie de l’accueil intéressé) auquel nous croyions – bien naïvement : on n’efface pas comme ça la marque ‘pigeon’ qui s’écrit en lettres capitales sur nos fronts tout mignons– pouvoir échapper. Manque de pot, il ne nous reste que 5 minutes, et si nous ne sommes pas contre le fait d’acheter quelque chose qui nous plaise, choisir quoique ce soit un chronomètre à la main est tout à fait opposé à notre déontologie de tour mondistes. Après des promesses désagréables, nous nous en tirons les mains vides et prenons les jambes à notre cou pour ne pas louper le départ de la navette.

Le 22 mars, selon ilona mitrecey :
bon voyage a toute les deux!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
 
                                                                                                     au revoir

Le 24 mars, selon Blandine :
Coucou Ilona,

merci beaucoup pour tes bons voeux ! pour l'instant et comme tu peux le voir, tout se passe très bien et nous espérons que cela continuera !

Blandine et Elodie

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4 mars : Gorée, une perle coloniale à l'histoire sombre

La traversée est rapide. Dès notre arrivée, nous partons à la recherche d’une petite gargotte conseillée par notre guide ‘évasion’ – chaleureusement recommandé, on vous le redira ! – pour un déjeuner plutôt familial « chez Mame Penda ». Difficile de ne pas se faire escorter par un potentiel guide dans cette petite île de 1500 habitants qui ne vit que de tourisme : nous n’y échappons pas. Ce n’est pourtant pas faute de les recevoir sèchement, mais on ne peut pas non plus trop en vouloir aux Sénégalais de nous faire profiter de la terrrrrranga. Le jeune qui nous accompagne (et que nous renvoyons à plusieurs reprises avec des succès variables !) vient d’une colline qui domine une des deux extrémités de l’île : le Castel. Il nous aide à trouver notre petit resto dont la pancarte en bois qui semble oubliée au-dessus d’une porte de cour nous indique qu’effectivement il ne rentre pas dans la même catégorie que les bars à steak-frites et touristes (non non, nous ne sommes pas de ceux-là) de l’embarcadère. « Chez Mame Penda » se situe en réalité … chez Mame Penda, c'est-à-dire dans une cour familiale, véritable espace de vie où coexistent de quoi assurer les fonctions de cuisine, lavoir, débarras pour déménagement le temps de repeindre une pièce – véridique -, terrain de jeu pour les enfants (...) pour au moins une quinzaine de personnes. A l’une des extrémités est installée une table, celle de la clientèle que nous représentons seules et sans complexe en ce milieu d’après-midi. Nous commandons de belles brochettes de poisson et une sorte de sole qui arrivent (avouons notre étonnement) présentées avec beaucoup de goût et de savoir faire. Le tout pour une somme que fait vilainement grimper notre ravitaillement en cocas (d’eau point, notre religion – ou notre estomac...- nous l’interdit !).
Cette pause ravitaillement salutaire nous permet d’aller découvrir (l’estomac plein) l’île et son histoire.

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3 mars : Début de week-end un peu difficile pour Blandine

Ce matin, nous partons rencontrer un autre consultant indépendant, Bocar Sada Sy, dont l’entreprise SEMIS s’occupe entre autres de conseil dans le secteur de l’énergie. Il a accepté de nous recevoir un samedi matin, ce qui n’est pas de refus tant notre crainte est grande de nous retrouver dans une Dakar vidé de tous nos potentiels interlocuteurs par le grand raout de Touba !
M. Sy habite dans un nouveau quartier de Dakar appelé « l’espace résidence ». Par un rapprochement un peu rapide et tout à fait inexpliqué (inconscient, quand tu nous tiens !), nous étions persuadées que le lieu dit se situait dans le quartier « point E » dont nous avions entendu parler la veille. Nous négocions brillamment un aller au point E avec le taxi « sans nous faire arnaquer », pour nous rendre compte en cours de route qu’il ne s’agit pas du tout de la route, voire même que la route que nous empruntons nous mène à un point situé à l’opposé de l’espace résidence. Et Dakar, c’est grand... Branle-bas le combat, il nous faut renégocier le tarif sans passer pour des pantins, ce qui n’est point chose aisée, et accepter bon gré mal gré de doubler la mise initiale.
Blandine est ce matin un peu patraque – gros mal de crâne – et au bout de quelques minutes d’entretien demande à s’allonger. Elodie poursuit en essayant d’extirper tous les contacts de notre consultant, sans se rendre compte que celui-ci aurait éventuellement autre chose à faire que d’aider nos deux tour mondistes à préparer leur étude sur les politiques de maîtrise de l’énergie (ah, on ne vous en a pas encore parlé ? ce sera pour une autre fois !)... Heureusement que M. Sy prend les choses en main à coup de petites remarques somme toute très percutantes (« le temps c’est de l’argent », «il est 12h20 »...).
 
Blandine récupérée (un peu blanchâtre...), nous repartons en direction de notre lieu de villégiature, après avoir déjeuné rapidement dans une cuisine familiale : riz, yassa de poisson. A titre de remarque, mieux vaut en général avoir la mémoire courte, et ne pas faire de rapprochement avec le poisson que l’on voit en étalage sur les marchés faire le bonheur de petites mouches et bien loin de la glace pilée sur laquelle il trône habituellement sous nos latitudes.
Blandine ne va pas beaucoup mieux, et part s’allonger en essayant de faire abstraction du bruit ambiant de la «maison du bonheur», ce qui n’est point chose aisée !
Elodie, de son côté, décide de s’acquitter d’une  mission bien précise, banale en Europe, mais aux allures de quête du Graal pour les fraîchement débarquées que nous sommes : acheter du papier toilette (NB. Les deux mentions précédentes n’ont aucune relation, nous avons échappé jusqu’à présent – touchons du bois- au fléau du touriste) ... pas de supermarché en vue, un marché noir de monde (c’est le cas de le dire !) qui grouille de victuailles et autres produits, mais de papier toilette, point de visible ! Imaginez Elodie en train de demander à chacun où trouver le bien précieux :  au marchand de poisson, de fruits, de chaussures... la situation peut prêter à sourire ! Toujours est-il qu’après une petite dizaine de péripéties, le trophé est rapporté victorieusement.
 
Blandine est toujours fatiguée et préfère faire une croix sur la découverte de la ville pour se reposer. Après avoir joué à l’infirmière dévouée – petit gant humide sur le front svp...-, Elodie part faire un tour avec Louise, une française qui fait à la Sorbonne une étude sur les conséquences des retours forcés des candidats à la migration, et deux de ses amis, Valérie et Valentin. Louise rentre à Paris le vendredi suivant et le temps est venu de faire emplettes de souvenirs. Direction un petit marché en bord de route. L’objet convoité aujourd’hui est un panier en osier multicolore, dont elle sera l’heureux acquéreur après moultes négociations en bonne et due forme.
 
Blandine se sent un peu mieux mais ne préfère pas faire de folies : au diable donc la « Cool Graoul » sensée être THE soirée melting pot du mois, regroupant internationaux et sénégalais ! Après quelques remises à jour de blog (dont vous pouvez constater qu’elles ne sont jamais assez fréquentes !), Elodie cède à la tentation d’aller y faire un tour. Elle rejoint Florent et ses amis au ‘Sumbe’, un petit bar. C’est l’occasion de faire connaissance avec un groupe d’Ivoiriens venus au Sénégal pour travailler (apprenez qu’ils ont pour dialecte l’aramba). Florent se levant pour aller à la « Cool Graoul » - à 1 heure du matin mais le plus simple étant de rentrer ensemble ;-)... -, notre jeune aventurière décide d’aller elle aussi y faire un petit tour, sans omettre une petite pensée pour Blandine agonisante. Cette soirée lui permit d’effleurer le monde des coopérants / volontaires (merci Sandra!). Kéba, notre hôte, fait partie du staff de l’organisation de la soirée... mais Elodie découragée par la motivation des Florent, Louise et consorts à terminer la soirée (non, je ne veux pas rentrer à 7 heures et non, je ne suis pas une mamie) retrouve vers 5 heures les bras de Morphée, après que Kéba l’a très gentiment rapprochée en scooter d’un taxi au tarif raisonnable.

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2 mars : b. Accueil sénégalais au milieu de la nuit

Départ 23h30. Aniss, prévenant à souhait, nous accompagne en voiture à l’aéroport, ce qui nous permet de passer héroïquement la porte de l’aéroport 3 heures avant le décollage. Nous n’avons jamais été aussi en avance !  Nous pensions dîner avec Anis, nous nous contentons finalement d’un mauvais sandwich à l’aéroport . La réalité s’écarte parfois de nos belles pensées naïves : Blandine pleure stoïquement ses rêves de dernier tajine...

Nos billets électroniques ne nous permettent pas cette fois-ci d’être assises côte à côe : tandis que Blandine lutte à trouver un peu de place entre deux imposantes mamas qui débordent de leur siège, Elodie baragouine en franco-italien avec son voisin sénégalais. Le dialogue est assez chaotique, mais suffisamment explicite pour qu’elle comprenne qu’une grosse grosse fête a lieu le jeudi suivant à Touba, ville à 2 heures de Dakar en train, et que ‘des millions’ de personnes se retrouveront là-bas pour une célébration. Après recoupements avec d’autres sources, il s’avère qu’une des deux grandes confréries musulmanes du pays fête son fondateur, et qu’effectivement, près d’un million de personnes venant même de l’étranger se réunit à Touba pour une grande prière. Question subsidiaire : devons-nous y faire un tour pour nous perdre dans la multitude ? Nous trancherons en temps et en heure.

L’avion a pris du retard, et au lieu de débarquer à 2h40 (horaire tout à fait délicieux), nous arrivons fraîches comme des fleurs ou presque à plus de 3 heures du matin. Kéba, ami d’ami d’Etienne Saint-Sernin (cf Munich pour ceux qui arrivent à suivre sans que nous mettions notre blog à jour J), nous attend à l’aéroport, accompagné de deux jeunes que nous croyons être ses amis. Amis peut-être, mais de fraîche date, puisqu’il nous avoue les avoir rencontrés à l’aéroport. Ils tenaient le panneau « Blandine et Elodie » entre leurs mains et nous appelaient de façon très accueillante, avouez que cela prêtait à confusion !


Avant de partir avec Kéba, Elodie a le droit de faire un petit aller retour entre le contrôle des passeports et la sortie pour aller récupérer l’adresse de notre logement nécessaire à un remplissage en règle des papiers de débarquement (« C’est pour l’adresse ? Pas de problème...»). Nos sacs sur le dos et notre hôté retrouvé, nous attendons que ce dernier négocie un tarif honnête de voiturage en taxi pour prendre la route qu’il nous ouvre en scooter. Nous logeons à Ouakam, au Nord de Dakar, dans un quartier anciennement habité par des pêcheurs, dixit le chauffeur de taxi. La maison qui nous accueille est grande, Florent (un français) et la famille de Kéba la partagent. Trois chambres sont en permanence réservées et pour un tarif raisonnable à l’accueil de voyageurs de passage. Nous avons opté pour la formule « demie pension », histoire de partager nos repas avec eux le soir. La somme en francs paraît exhorbitante (50 000 pour 10 jours), mais une petite conversion rend l’ensemble tout de suite plus agréable : 500 francs ou 75 euros pour 10 jours pour deux reste une somme tout à fait raisonnable.

Arrivées à 4 heures du matin, nous nous écroulons sur un matelas un peu défoncé (mais c’est ce qui fait son charme...). Il y a une chance non négligeable qu’Elodie tombe pendant la nuit sur Blandine et vice-versa, mais nous n’allons pas faire les « chochottes », surtout que la fatigue nous permet de nous endormir malgré les vrombissements d’avions qui décollent vraiment tout près toutes les demie heures (si Blandine vient à participer à un débat public d’aménagement du territoire visant à la construction d’une piste d’aéroport, soyez certain qu’elle sera très sensible aux arguments des futurs riverains)...

Le 7 mars :
3 h du matin
quel heure délicieuse !!!!

Le 22 mars :
Etonnant n'est ce pas?
Il semblerait d'ailleurs que l'aéroport de Dakar ait une activité nocturne bien plus développée que celle du jour - question de taxes d'aéroport et d'occupation des créneaux aériens sur des lignes non nécessairement très rentables?
 

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2 mars : Introduction au Sénégal

Le réveil est un peu dur (les enfants et neveux de Kéba se chargent de nous faire comprendre qu’il est l’heure...), et Blandine s’extirpe du lit la première. Alors qu’Elodie émerge difficilement, Florent (ami d’Etienne supiot de Blandine de Ginette, vous suivez ?) dépose Blandine en scooter à la banque la plus proche pour que nous ayons les moyens de notre subsistance. Nous ne sommes pas millionnaires, mais avons un montant non négligeable en poche, 100 francs CFA correspondant à 1 franc, donc 0,15 euro environ. C’est assez marrant, on a tout de suite beaucoup plus l’impression d’être riches !

Elodie expérimente pendant ce temps la douche (froide, too bad, surtout quand les cheveux sont crados et qu’on ne peut remettre le shampoing à plus tard...), et assiste à la préparation du petit déjeuner. La cuisine se fait au gaz , version camping, ie bouteille et réchaud, l’ensemble étant posé sur le sol (nous apprenons par la suite que le butane [en petites bouteilles] est au Sénégal comme au Maroc subventionné). Nos hôtes nous offrent pain au chocolat et croissants pour accompagner café et eau chaude (pas de thé pour Blandine, cela manque un peu de saveur...). Petit déjeuner dans l’estomac, nous voici fraîches et alertes pour la journée !


Nous partons tout d’abord à la découverte du marché pour nous acheter une carte sim, pré-négociée par Blandine sur le chemin du retour. Amis de la terre entière, si vous ne tenez plus de pas entendre notre douce voix, vous pouvez nous joindre pour les 10 jours à venir au +221 245 71 29 (papa, maman, vous savez où nous trouver !!) .


Notre téléphone nous permet de transformer notre chambre en call centre pour quelques heures, et plus logistiquement parlant, de prendre quelques rendez-vous pour la semaine, dont le premier, l’après-midi même à 16h.


Afin de profiter un peu de Dakar, nous décidons de décoller vers 14h30 pour notre rendez-vous. C’était sans compter sur le trafic de Dakar, qui concurrence fortement celui de Casablanca. Les mauvaises langues diront pourtant que les 1 ou 2 millions d’habitants de Dakar n’ont rien de comparable avec les 4 millions de la ville marocaine. Elles oublieront de mentionner que le réseau Dakariote est d’autant plus réduit que les voitures qui l’encombrent sont volumineuses. Selon l’un des chauffeurs de taxi, il n’y a grosso modo qu’une route que l’on emprunte pour traverser Dakar, et elle est tout à fait impraticable aux heures de pointes. Vendredi après midi est, prière oblige, « une heure de pointe » : nous avons rarement autant pris conscience des bonheurs que procurent des raffineries soucieuses de qualité d’essence et des constructeurs automobiles encouragés à développer des moteurs performants ...

Plutôt que de visiter le centre, nous profitons de notre trop petite demie heure d’avance pour déjeuner d’un plat « typisch » non loin du lieu de rendez-vous, en écartant les restos trop chics du bord de mer. Au programme, petite échoppe sénégalaise nous proposant plat du coin (accompagné d’eau en bouteille, bien évidemment !),  qui se réduit tout bêtement à une copieuse assiette du riz à la bolognaise (plus de yassa, plus de tie-bou-dienne... tout avait déjà été mangé !). De la bolognaise sénégalaise, oui môsieur, cela n’a rien à voir avec la bolognaise italienne ! C’est typisch, si si on vous le dit. Plus sérieusement, le riz est tout à fait particulier (allez pas vous faire des illusions hein, le riz c’est toujours du riz !) : il s’agit non pas de riz long mais de riz concassé, à mi-chemin entre le riz et la semoule. Pendant notre petit repas, Blandine déclame l’histoire de la ville et liste les spécialités culinaires sénégalaises (guide Evasion à l’appui) tandis qu’Elodie la mitraille, trop heureuse d’avoir retrouvé l’usage de son petit appareil photo.

Luc Hoang Gia, consultant indépendant installé au Sénégal depuis une vingtaine d’années, nous accueille chez lui où se trouve son bureau. Il a quitté le secteur de l’énergie depuis quelques années, et travaille aujourd’hui sur les problématiques d’accès à l’eau et d’assainissement dans le cadre des Objectifs de Développement du Millénaire. Notre discussion avec lui dérive petit à petit sur ce pays qu’il a adopté, et auquel il nous fait une remarquable introduction. Nous apprenons en particulier que nous aurons peut-être quelques difficultés à rencontrer des gens pendant la fête de Touba qui paralyse l’activité du pays pour 1 jour en théorie (le jeudi), soit 3 en pratique (comme quoi la pratique des ponts n’est pas réservée au mois de mai). Il s’agira donc de concentrer au maximum nos rendez-vous en début de semaine !
Après qu’il nous a offert des rafraîchissements et fait faire la connaissance de sa famille, nous filons direction : le coucher de soleil sur la côte, spectacle à ne pas louper. Le trafic est toujours aussi dense, et les minutes s’égrainent alors que nous restons coincées dans un taxi au milieu des vapeurs d’essence : autant dire que nous arrivons au Magic Land plutôt pour la fin du coucher de soleil, mais parvenons dans un effort ultime à attraper les derniers rayons sur la mer avant que la nuit ne tombe définitivement.

Il n’est que 7 heures du soir, et plutôt que de prendre un verre au « club sportif » qu’on nous avait conseillé et qui n’a rien de très typiche (vous aurez remarqué que cet adjectif vaut tous les dépaysements), nous décidons d’aller explorer un peu le centre de Dakar, ce qui nous permet de voir de plus prêt ces fêtes de rues, entraperçues du taxi. Les petites filles sont complètement déchaînées, et c’est peu dire qu’elles ont le rythme dans la peau (c’est tout le tambour qui y loge !). Il s’agit d’un baptême (musulman) – et non d’une fête improvisée ainsi que nous avions pu l’imaginer (quoi d’autre pour barrer ainsi une rue, faire mettre tout le monde sur son trente et un vif en couleur et installer une tente et la sono accompagnatrice entre deux trottoirs ?).


Ici, 90% de la population est musulmane. L’islam pratiqué au Sénégal est très modéré, ce que l’on ne peut manquer d’observer dans la rue : si les femmes sortent rarement sans être tête couverte, elles n’ont pas de voile mais un foulard en tissu qu’elles assortissent généralement à leur boubou. Nous sommes vendredi, jour de fête pour les musulmans, et les tenues sont particulièrement resplendissantes. Couleurs orangées, dorées, vertes, les boubous offrent un bouquet de couleur mis en mouvement par ces corps sombres aux démarches gracieuses et alanguies ... les femmes sont très belles, de cette beauté qui n’est pas une beauté plastique (leurs traits ne sont pas particulièrement fins) mais une beauté picturale, d’ensemble, leurs tissus amples de couleur vive s’accordant particulièrement bien avec leur couleur de peau et leurs rondeurs maternelles.

Retour à notre petite explication sur l’islam. La communauté musulmane est ici divisée en confréries dont les deux principales sont celles des mourides et celle des tidjanes. Leur spécificité, pour faire simple (source : Luc Hoang Gia), serait que l’une a un pouvoir économique non négligeable (la confrérie mouride est notamment à la tête des compagnies de transport) alors que l’autre concentre davantage la force intellectuelle du pays. La fête de Touba mentionnée précédemment est une fête – et démonstration de puissance – mouride.


Nous rentrons à temps pour dîner avec Kéba et sa famille, d’un repas un peu poivré à notre goût et pourtant aux épices allégées pour nos palais fraîchement débarqués ! Nous avons la chance que la famille, si elle communique en wolof, parle également français et plus particulièrement en notre présence. C’est l’occasion de faire plus ample connaissance avec Fatou Sybil (3 ans) et Abdou Florent (1 mois, tout petit !) et leur maman, Moune Dao. Fatou et son cousin Pape de 7 ans sont complètement excités et courent dans tous les sens... quelle animation !


Notre journée a été un peu longue, nous prenons la sage décision de ne pas rejoindre Florent au Plateau (le centre-ville historique de Dakar) pour nous écrouler tranquillement vers 23h.

Le 27 mars, selon Bernadette Chirac :
Trop cool ce que vous faîte!!!!!

Le 25 février :
c nul

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